Une partie des jeunes sortant de l’Aide Sociale à l’Enfance et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse ont connu ou connaissent une situation de très grande précarité au moment de la majorité ou une fois la prise en charge via une aide provisoire jeune majeur – ou « contrat jeune majeur » – terminée.
Longtemps angle mort des politiques publiques, la question de la rupture du parcours de ces jeunes a récemment été mise sur le devant de la scène via notamment :
- la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, qui fait de la « fin des sorties (de l’ASE) sans solutions à l’atteinte de la majorité du jeune » l’un de ses objectifs. Pour se faire, un document de référence a été élaboré au niveau national puis adressé aux Conseils départementaux en février dernier, leur donnant la possibilité de contractualiser avec l’Etat en s’engageant à mettre en place ou soutenir des actions visant à réduire les « sorties sèches » de l’ASE (voir la contribution de la Fédération des acteurs de la solidarité dans le cadre de l’élaboration de ce document de référence).
- l’avis Prévenir les ruptures dans les parcours en protection de l’enfance rendu par le Conseil Economique, Social et Environnemental, qui formule des propositions concrètes pour mettre fin à la rupture de parcours des jeunes majeurs au moment de la fin de prise en charge.
- l’adoption par la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale d’une proposition de loi visant à renforcer l’accompagnement des jeunes majeurs vulnérables vers l’autonomie, proposition déposée par Brigitte Bourguignon, présidente LREM de la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale, Olivier Véran, rapporteur général de cette même commission, ainsi que le groupe LREM et qui devrait être discutée par l’Assemblée avant l’été comme annoncé par le Secrétaire d’Etat Adrien Taquet.
- La création d’une mission temporaire « ayant pour objet l’accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance vers l’autonomie », confiée par le Premier ministre à Brigitte Bourguignon par un décret du 7 mars 2019 et qui devra « déboucher sur des propositions concrètes permettant d’améliorer l’intervention des conseils départementaux dans leurs missions auprès des jeunes majeurs vulnérables » et « permettre de mieux mobiliser les ressources de l’Etat au service de ces jeunes ».
La question de la fin de prise en charge des jeunes protégés devrait également être traitée dans le cadre des travaux d’élaboration de la stratégie nationale de protection de l’enfance -aussi appelée « Pacte pour l’enfance » -, préparé par le secrétaire d’État Adrien Taquet et à propos de laquelle les concertations viennent de débuter.
Mobilisée pour que les politiques publiques prennent véritablement en compte la situation des jeunes majeurs sortant de la protection de l’enfance et que les annonces soient suivies d’actes, la Fédération des acteurs de la solidarité s’est associée à une quinzaine d’autres associations et personnes qualifiées au sein du collectif Cause Majeur ! L’ensemble des membres de ce collectif partagent un objectif commun : l’élaboration et la mise en œuvre de réponses concrètes qui viendront véritablement mettre fin aux sorties sans solution de l’ASE et de la PJJ et aux situations de très grande précarité qu’elles engendrent aujourd’hui pour une partie des jeunes majeur·es concerné·es.
L’évènement de lancement a eu lieu le mardi 26 mars 2019 au Conseil Economique, Social et Environnemental, sous le parrainage d’Antoine Dulin, ancien vice-président du Conseil économique, social et environnemental et rapporteur de l’avis duConseil économique, social et environnemental relatif à la prévention des ruptures dans les parcours en protection de l’enfance, en présence de jeunes anciennement pris en charge par l’ASE ou la PJJ ainsi que des députées Brigitte Bourguignon et Perrine Goulet et plusieurs autres personnalités, dont Maxime Boidin, conseiller auprès de Monsieur Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance.
Cet évènement a marqué l’engagement de jeunes majeur·e·s anciennement pris·es en charge par l’ASE ou la PJJ, d’associations de protection de l’enfance, de jeunesse mais également du secteur de l’insertion. Cette mixité inédite est un premier pas vers le décloisonnement de ces secteurs, décloisonnement essentiel à la formulation d’une réponse pérenne et efficace pour les jeunes sortant d’institutions, ainsi que de la participation des personnes concernées à l’élaboration des politiques publiques qui les concernent.
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Cliquez ici pour lire le communiqué de presse annonçant le lancement du collectif