Culture et solidarité : l’enquête FAS 2025 sur la place des droits culturels dans l’accompagnement social
Une culture présente, mais encore fragile
14 ans après sa première enquête, la Fédération des acteurs de la solidarité publie en septembre 2025 un état des lieux inédit : 223 structures sociales de toute la France ont répondu, représentant CHRS, accueils de jour, CADA, structures IAE et logements accompagnés. Premier enseignement : 90 % des services ont proposé des activités culturelles régulières au cours des 12 derniers mois. Pourtant, la culture reste structurellement fragile, faute de financements, de temps et de reconnaissance institutionnelle.
Des impacts positifs bien documentés
Pour les personnes accompagnées, les projets culturels génèrent ouverture, confiance et estime de soi : 90 % des répondants estiment qu’ils offrent un temps de pause bénéfique, et plus de 90 % y voient un levier pour développer la relation de confiance avec les équipes. Les trois premiers freins à la participation restent matériels — mobilité (50 %), garde d’enfants (50 %) et manque d’argent (49 %) — ce qui confirme que les obstacles pratiques priment sur les obstacles motivationnels. Pour les professionnels, les bénéfices sont tout aussi nets : 93 % trouvent du plaisir au travail grâce aux projets culturels, 88 % y retrouvent du sens dans leurs missions.
Des freins structurels persistants
Malgré cet engouement, 1 structure sur 3 n’a pas de ligne budgétaire dédiée à la culture, seulement 48 % disposent d’un·e référent·e culture, et à peine 7,5 % des projets bénéficient d’un soutien de la DRAC. Plus révélateur encore : 68 % des équipes n’ont reçu aucune formation sur la dimension culturelle, et seulement 49 % inscrivent la culture dans leur projet d’établissement. Un cercle vicieux s’installe : le manque de financement réduit le temps disponible, ce qui freine les partenariats et la formation, ce qui limite l’impact mesurable des actions culturelles auprès des financeurs.
Les préconisations phares de la FAS
La FAS formule plusieurs demandes claires aux pouvoirs publics : créer une politique interministérielle Culture-Lutte contre la pauvreté (sur le modèle Culture-Santé), intégrer les droits culturels dans tous les documents cadres des structures, développer la formation initiale et continue des intervenants sociaux, et maintenir les missions de Service Civique liant culture et social. Aux acteurs culturels, la FAS demande de mieux communiquer leur offre vers les établissements sociaux, d’intégrer les associations de solidarité dans leurs projets de territoire, et de considérer les structures sociales comme des espaces de création et de résidences d’artistes.
Une enquête qui ouvre des perspectives
Ce travail quantitatif sera enrichi d’entretiens qualitatifs et d’une enquête directement auprès des personnes accompagnées, nourrie notamment par la journée Quand Culture et Social se bousculent organisée le 25 septembre 2025. Ces données alimenteront la refonte du plaidoyer Culture de la FAS prévue en 2026.