Alors que la pauvreté atteint un niveau historique et que les associations de solidarité sont de plus en plus fragilisées, la Fédération des acteurs de la solidarité alerte sur les conséquences des choix budgétaires proposés par le gouvernement pour 2027. Avec ses adhérents et ses partenaires, elle porte des propositions d’amendements pour défendre les droits des personnes les plus précaires et garantir les moyens nécessaires aux politiques de solidarité.
L’urgence sociale est documentée.
En 2024, selon l’INSEE, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire en France métropolitaine, soit 15,4 % de la population. Dans la nuit du 18 au 19 août 2026, 2 355 enfants, n’ont pas obtenu de solution d’hébergement malgré un appel au 115, selon le baromètre « Enfants à la rue » de la FAS et de l’UNICEF. En 2025, 350 000 personnes étaient sans domicile et 2,8 millions de ménages attendaient un logement social, selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés.
La FAS mesure les contraintes économiques nationales et les efforts nécessaires à la maîtrise des dépenses publiques. Toutefois, les choix présentés dans le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 soulèvent de vives inquiétudes au regard de l’urgence sociale.
Gel des prestations sociales malgré l’inflation, instauration d’un délai de carence d’un an pour l’accès aux prestations familiales des personnes étrangères, baisse des crédits consacrés à l’insertion par l’activité économique et à l’accompagnement des jeunes vers l’emploi : ces mesures risquent d’aggraver les inégalités et de fragiliser davantage les parcours d’insertion. Le manque de prise en compte des conséquences du dérèglement climatique sur le logement et la santé constitue également un enjeu majeur, particulièrement pour les personnes en situation de précarité ou à la rue.
En privilégiant les économies sur les dépenses sociales plutôt que la recherche de nouvelles recettes et une plus grande justice fiscale et sociale, ces choix font peser l’effort budgétaire sur les personnes les plus précaires et les associations qui les accompagnent.
Des moyens encore insuffisants
Le PLF 2027 prévoit près de 200 millions d’euros supplémentaires pour le programme 177 consacré à l’hébergement et à l’accès au logement. Cette hausse va dans le sens d’une meilleure prise en compte des besoins, après plusieurs années marquées par des budgets initiaux insuffisants et des ajustements en cours d’exercice.
Elle reste toutefois insuffisante au regard des besoins réels. Les demandes d’hébergement non pourvues augmentent et, dans de nombreux territoires, les principes d’inconditionnalité de l’accueil et de continuité de la prise en charge sont mis à mal.
Les besoins concernent également la production de logements sociaux, l’accueil des personnes en demande d’asile, l’insertion et l’accès à l’emploi, la protection des personnes vulnérables ainsi que l’accès aux soins et à la culture. Alors que les associations sont en première ligne face à l’urgence sociale, leurs moyens ne leur permettent plus toujours de répondre aux besoins.
Selon l’enquête 2026 de la FAS « Associations de solidarité, l’étau se resserre », 4 structures sur 5 anticipent une dégradation ou une incertitude majeure concernant leur activité au cours des 12 prochains mois. Cette fragilisation menace directement leur capacité à accueillir, accompagner et protéger les personnes.
Les propositions de la FAS pour un budget plus juste et solidaire
Afin de mieux répondre aux besoins sociaux, la FAS porte plusieurs propositions d’amendements au PLF et au PLFSS 2027. Elle appelle notamment à :
- Renforcer les capacités d’hébergement, avec la création de 10 000 places supplémentaires, et des places adaptées aux femmes victimes de violences, aux personnes en situation de prostitution ou victimes de traite, ainsi qu’aux femmes enceintes ou sortant de maternité
- Garantir un accueil digne aux personnes exilées, avec des places d’hébergement d’urgence pour les personnes pour toutes les personnes en demande d’asile, avec un accès aux soins et une protection contre les violences
- Relancer la production de logements sociaux afin de répondre aux besoins des personnes mal logées et des ménages en attente d’un logement
- Garantir le pouvoir d’achat des personnes les plus modestes, en indexant les prestations sociales sur l’inflation et en revalorisant les bourses étudiantes
- Préserver les moyens de l’insertion et de l’emploi, en annulant les économies prévues sur l’IAE et en maintenant une politique ambitieuse d’accompagnement vers l’emploi
- Renforcer les dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes, de sortie de la prostitution et de prise en charge des victimes de la traite des êtres humains
- Garantir un accès digne à la santé, notamment à la santé mentale, pour les personnes précaires, en particulier les femmes, les jeunes, les personnes âgées et les personnes exilées
- Lutter contre la stigmatisation des personnes en situation de précarité et défendre leurs droits et leur dignité, notamment en garantissant la sécurité alimentaire et l’accès à la culture
La FAS porte également d’autres propositions dans le cadre des collectifs auxquels elle appartient : le Collectif des Associations pour le logement, le Collectif Alerte, le Collectif Insertion par l’’activité économique.
Une mobilisation nationale
Face à cette situation, la FAS se mobilise du 12 au 17 octobre, à l’échelle nationale et dans les territoires, pour faire entendre auprès du Gouvernement et des parlementaires la réalité vécue par les associations et les personnes qu’elles accompagnent.
Outils
Retrouvez les propositions de la FAS et de ses partenaires, ainsi que les ressources pour interpeller les parlementaires dans le cadre du budget 2027.
→ Liasse générale d’amendements de la FAS
→ Liasses d’amendement par thématique :
Cohésion des territoires
Culture
Enseignement supérieur
Immigration, asile et intégration
Santé et PLFSS
Solidarité, insertion et égalité
Travail, emploi et administration des ministères sociaux
→ Collectif des Associations pour le Logement (CAL)
Interpeller les parlementaires
Deux modèles de courriers sont proposés pour sensibiliser les parlementaires à ces enjeux et les appeler à soutenir les amendements de la FAS.
- Courrier type aux député·es : envoi amendements PLF
- Courrier type aux député·es : envoi amendements PLF et mobilisation
Consulter l’annuaire des parlementaires par région.