L’égalité professionnelle : encore loin d’être atteinte
En France, les inégalités femmes-hommes sur le marché du travail restent profondes. Le taux d’emploi des femmes s’établit à 66 % contre 71 % pour les hommes, et les femmes sont rémunérées en moyenne 24,4 % de moins que leurs homologues masculins à poste équivalent. 80 % des emplois féminins se concentrent dans seulement 6 catégories professionnelles sur 30, et 8 salarié·es sur 10 exercent un métier non mixte.
Des politiques publiques insuffisantes
Malgré un arsenal législatif conséquent — loi sur l’égalité salariale (2006), Index de l’égalité professionnelle (2018), loi Rixain (2021) —, les politiques publiques souffrent d’un pilotage interministériel défaillant et d’un manque d’ambition concrète. La réforme France Travail ne fait pas de l’égalité professionnelle une priorité, avec un risque accru de biais genrés dans l’accompagnement, notamment via les outils algorithmiques.
Les femmes précaires, grandes oubliées
Les femmes en situation de précarité cumulent discriminations, violences (72,9 % des victimes de violences conjugales voient leur aptitude au travail affectée), absence de modes de garde adaptés et carrières fragmentées. Elles sont confinées dans des emplois sous-qualifiés et mal rémunérés, perpétuant ainsi la féminisation de la pauvreté.
Le rôle clé — et sous-financé — des SIAE
Les Structures d’Insertion par l’Activité Économique (SIAE) accompagnent depuis 40 ans les personnes les plus éloignées de l’emploi. Pourtant, les femmes n’y représentent que 38 % des salariés en parcours d’insertion. La FAS appelle à mieux doter ces structures pour qu’elles deviennent de véritables leviers d’égalité.
Les recommandations phares de la FAS
La Fédération formule trois axes d’action prioritaires : faire évoluer les politiques publiques (intégrer l’égalité dans France Travail, renforcer le service public de la petite enfance), rendre effectives les mesures d’égalité professionnelle (révision des grilles salariales, promotion du congé parental paternel), et soutenir les SIAE dans leurs actions en faveur de la mixité et de l’accompagnement renforcé des femmes victimes de violences.