Alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) alerte sur la situation des personnes sans-abri et en situation de grande précarité, particulièrement exposées aux conséquences des fortes chaleurs et sur la dégradation des moyens des associations pour agir. Une enquête flash menée auprès des dispositifs de veille sociale met en lumière une réponse gérée dans l’urgence, avec des moyens insuffisants et des pratiques très disparates selon les territoires.
Alors qu’une grande partie du territoire est situé en vigilance rouge canicule, 5239 personnes dont 1626 enfants étaient sans solution d’hébergement ou de logement suite à un appel au 115 fin juin. Quand les consignes publiques recommandent de rester au frais et de s’hydrater régulièrement, des milliers de personnes n’ont ni logement, ni lieu de répit, ni accès garanti à l’eau. Invisibilisées, elles figurent pourtant parmi les premières victimes du dérèglement climatique
L’insuffisance de la réponse
La FAS alertait déjà en 2023, à travers une enquête menée auprès de ses adhérents, sur les difficultés pour répondre aux 3 besoins essentiels : eau, abri, repos, ainsi que l’absence d’anticipation et l’insuffisance des moyens alloués aux associations pour faire face aux épisodes de chaleur et aux besoins de mise à l’abri.
Trois ans plus tard, la situation s’aggrave. Les épisodes climatiques extrêmes se multiplient, le nombre de personnes en situation de vulnérabilité augmente, tandis que les associations voient leurs moyens diminuer. Cette contradiction est aujourd’hui intenable : les associations sont appelées à protéger davantage de personnes avec toujours moins de ressources pour le faire.
« A défaut de consignes claires et anticipées de l’Etat, personne n’était en ordre de marche, de plus les changements de couleurs n’ont pas été anticipés, avec un changement durant le weekend, ce qui ne nous a pas permis de préparer le plan alors que la météo était connue. »
Cette réalité fait écho à la motion adoptée ce 24 juin par la Fédération des acteurs de la solidarité lors de sa dernière Assemblée générale, intitulée « Tenir, résister, ouvrir des perspectives face au recul inédit des politiques publiques ». Partout en France, des associations de solidarité sont contraintes de réduire leurs actions, de fermer des places d’hébergement ou de supprimer des dispositifs d’accompagnement. Aujourd’hui, une association sur trois est menacée de disparition alors même que la pauvreté atteint un niveau inédit depuis trente ans.
Le transition écologique, enjeu majeur de la justice sociale
L’épisode caniculaire actuel rend évidente la nécessité de faire entendre les réalités vécues par les personnes les plus précaires, premières victimes des conséquences du dérèglement climatique et d’agir de manière structurelle. Convaincue que justice écologique rime avec justice sociale, la FAS a créé une Chaire dédiée à la transition écologique juste afin de développer la recherche, former et accompagner les professionnels et établissements volontaires, et porter ces enjeux auprès des décideurs publics.
Face à l’urgence sociale et climatique, la Fédération appelle les pouvoirs publics à donner aux associations de solidarité les moyens d’agir à la hauteur des besoins.
Retrouvez l’enquête FAS – « Épisode de canicule : des réponses territoriales hétérogènes face aux besoins des personnes sans abri »