Plaidoyer | 20.11.2025

Plaidoyer Santé des personnes exilées

Les enjeux de santé des personnes exilées, qu’ils concernent les domaines de la santé mentale, environnementale, sexuelle, éducative ou nutritionnelle, sont à prendre en compte dans un contexte politique et législatif européen et international complexe. A la fin de l’année 2024, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugié·e·s (UNHCR1) estimait à 123,2 millions le

Santé

Les enjeux de santé des personnes exilées, qu’ils concernent les domaines de la santé mentale, environnementale, sexuelle, éducative ou nutritionnelle, sont à prendre en compte dans un contexte politique et législatif européen et international complexe.

A la fin de l’année 2024, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugié·e·s (UNHCR1) estimait à 123,2 millions le nombre de personnes déplacées de force dans le monde, ce qui équivaut à une personne sur 67. Les déplacements ont quasiment doublé en une décennie. De même, selon l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), les chiffres atteignent un nouveau record en 2023 et l’immigration familiale et l’immigration humanitaire sont particulièrement en hausse – respectivement + 16% et + 20%.

En mobilisant la notion d’exil et de santé dans le cadre de ce plaidoyer, l’enjeu est de visibiliser toutes les personnes engagées dans un processus de déplacement, au-delà de leur statut ou absence de statut juridique. Il s’agit également de reconnaître une exposition accrue à des risques de mal-être physique, mental et social, l’expérience de l’exil pouvant ainsi grandement affecter la santé globale des personnes concernées.
Exil, mot mouvant, permet de rendre visible la pluralité et la complexité des trajectoires, qu’elles soient contraintes ou choisies, continues ou fragmentées, visibles ou invisibilisées.

Ce plaidoyer s’appuie sur une démarche et un travail collaboratifs, fruit d’une réflexion approfondie basée sur l’expérience des adhérent·e·s de la FAS, de rapports fournis, d’enquêtes menées par des FAS régionales ainsi que sur des ressources complémentaires consultables tout le long de ce document.
Il répond à un enjeu collectif, porté par la FAS et ses adhérent·es : celui de permettre l’accès à la prévention et aux soins en santé globale pour les personnes exilées. Il ambitionne de proposer, tant aux politiques publiques qu’aux professionnel·le·s, des réponses qui permettront à chacun·e, dont les personnes exilées, de bénéficier d’un parcours de soins en santé coordonné et individualisé.

Ainsi, cela ne pourra s’opérer qu’en repensant la formation des professionnel·le·s et en pérennisant, de manière structurelle, les initiatives et dispositifs qui ont fait leur preuve – telles que celles permises par l’article 514 de la Loi de financement de la sécurité sociale de 2018. Cette mobilisation est une composante du combat de l’accès à la santé pour toutes les personnes en difficulté. C’est ainsi que l’on pourra sortir des réponses spécifiques pour tendre vers le droit commun et assurer, à chacun·e, un accès à la prévention et aux soins.