85 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée scolaire en Normandie
Pour la huitième année, l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) – en lien avec le Collectif des Associations pour le Logement (CAL), publient leur baromètre sur les enfants à la rue.
Le constat est accablant : à la veille de la rentrée scolaire 2026, au moins 85 enfants, dont 19 de moins de 3 ans, sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115 en région Normandie. Malgré les promesses répétées des gouvernements successifs, la situation s’aggrave année après année. Ces chiffres marquent en effet une augmentation du nombre d’enfants sans solution de 42 % depuis 2022.
Ces chiffres ne sont pas pour autant exhaustifs : de nombreuses personnes ne recourent pas ou ne parviennent pas à joindre le 115. Par ailleurs, les mineurs non accompagnés sans abri et les familles vivant en squats ou en bidonvilles ne sont pas comptabilisés.
Une aggravation silencieuse, sur tous les territoires
La saturation des dispositifs d’hébergement, cumulée à la crise du logement, a des conséquences dans de nombreuses régions, parmi lesquelles l’Ile-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie et les Hauts-de-France qui comptent le plus grand nombre de familles à la rue. En effet, les Services Intégrés d’Accueil et d’Orientation (SIAO), les associations et les collectifs citoyens constatent une hausse significative du nombre de famille contraintes de passer la nuit dehors ou dans des conditions indignes (hôtels insalubres, gymnases, tentes…).
Une responsabilité politique majeure à l’aube du budget 2027
L’examen du Projet de loi de finances pour 2027 est une échéance décisive. Nos organisations appellent le gouvernement à augmenter le nombre de places d’hébergement adaptées aux besoins des enfants et des familles et à adopter une programmation pluriannuelle « de la rue au logement », incluant un plan ambitieux de production de logements sociaux et très sociaux.
« Chaque année, nous constatons avec une indignation qu’un nombre croissant d’enfants dorment dans la rue, exposés à des conditions de vie indignes et à des dangers quotidiens. Pourtant, nos organisations formulent des recommandations claires et proposent des solutions concrètes, efficaces et réalistes. Ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui, ce ne sont ni les ressources, ni l’expertise mais bien une volonté politique ferme de mettre fin à l’inacceptable », a déclaré Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France.
« Ce baromètre est celui des renoncements. Ceux que nous ne pouvons pas admettre plus longtemps sans nous déshumaniser. Nous ne pouvons pas admettre que des enfants dans notre pays retrouvent la rue le soir après l’école », a ajouté Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité.
Consulter le baromètre ICI.