Près d’une sur trois dispose de moins de deux mois de trésorerie et est menacée de disparition. Un an après avoir alerté sur la fragilisation du secteur, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) actualise son enquête nationale et documente une situation qui continue de se dégrader dangereusement.
En septembre 2025, la FAS publiait son enquête « Associations de solidarité en voie de disparition ». Elle révélait alors une fragilisation profonde du secteur : 50 % des structures interrogées constataient une dégradation de leur trésorerie et 30 % étaient susceptibles de se trouver en situation critique à la fin de l’année 2025.
Un an après, l’étau se resserre sur les solidarités
Les associations de solidarité sont prises dans un étau de plus en plus étroit : elles doivent accompagner davantage de personnes, dans des situations toujours plus complexes, avec des financements de moins en moins sécurisés et des charges de plus en plus lourdes. Alors que l’État et les collectivités leur confient une part essentielle de la mise en œuvre des politiques sociales, leurs capacités d’action sont de plus en plus contraintes.
Pour mesurer l’évolution de la situation, la FAS a réactualisé en 2026 son enquête auprès de son réseau de plus de 900 organisations adhérentes, implantées sur l’ensemble du territoire.
Des résultats sans appel à la veille des décisions budgétaires
Les résultats de cette actualisation témoignent d’une dégradation qui ne se limite plus aux équilibres financiers des structures. Elle touche désormais directement leur capacité à maintenir et développer leurs activités et leur propre survie.
- 45 % des structures ont réduit ou fermé au moins une activité en 2025 ;
- 4 associations sur 5 anticipent une dégradation ou une incertitude totale sur les douze prochains mois ;
- 77 % déclarent une baisse de leurs financements.
Ces chiffres montrent que la fragilisation économique des associations produit des effets inédits sur leur fonctionnement. Lorsque les financements diminuent, que la trésorerie se réduit et que les équipes sont sous tension, ce sont les capacités d’accueil, d’accompagnement et d’intervention qui se réduisent, pour la première fois depuis des décennies.
Et si les associations de solidarité s’arrêtaient vraiment ?
L’enquête 2026 confirme la dégradation sévère et continue des capacités d’action des associations : ce sont désormais des pans entiers des solidarités qui sont menacés de disparition. Derrière les structures, ce sont des personnes démunies qui se retrouvent sans réponse, des salarié·es, des bénévoles qui s’épuisent, la tranquillité publique qui est menacée.
Pour rendre visibles ces reculs inacceptables la FAS prend toute sa place dans la mobilisation intersectorielle du 12 au 17 octobre 2026, sous le mot d’ordre « Et si nous arrêtions vraiment ? ».