Plaidoyer thématique | 08.03.2024

Santé des femmes en situation de précarité

De l’importance de prendre en considération le sexe et le genre en santé pour l’accompagnement des femmes en situation de précarité

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Quand on parle de « sexe », on parle des caractéristiques physiques et biologiques. Le sexe biologique est un déterminant essentiel des différences en santé entre les hommes et les femmes, car il induit des différences physiopathologiques et des écarts de prévalence importantes, souvent mal pris en compte en dehors de la sphère des fonctions reproductives.

Au contraire, quand on fait référence au « genre », on prend en considération d’autres déterminants qui influent directement sur les rôles, comportements, expressions et identités socialement construits.

Ainsi, tel que le définit l’Organisation mondial de la santé (OMS) « les déterminants de la santé liés au genre sont les normes, les attentes et les rôles sociaux qui, selon des critères de genre, déterminent les taux d’exposition et de vulnérabilité aux risques pour la santé, ou, à l’inverse, les facteurs de protection, qui influent sur la propension à préserver sa santé et à se faire soigner, ainsi que sur les prestations du système de santé conditionnées par le genre. Ils figurent parmi les plus importants déterminants sociaux des inégalités en santé ».

En matière de santé, les obstacles liés à la précarité au sexe et au genre se conjuguent donc et peuvent plus encore s’aggraver pour les femmes migrantes, les femmes en situation de handicap ou pour les femmes résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et les territoires ruraux.

Concernant l’influence du sexe et du genre sur l’accès aux soins, une étude menée par le Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier est venue confirmer la prise en charge de fait différenciée par le système de santé, en fonction du sexe et de l’origine des patient·e·s dans la prise en charge des soins délivrés dans les services d’urgence. Selon cette étude, un homme « blanc » aurait ainsi 50% de possibilité supplémentaire qu’une femme « noire » d’être considéré comme une urgence vitale. A ces réalités, s’ajoutent, la réduction de l’offre médicale spécialisée, accentuant les difficultés et les freins rencontrés par les femmes en situation de précarité pour accéder à un parcours de santé adapté à des besoins particulièrement importants. Force est de constater, qu’encore aujourd’hui, les besoins en santé des femmes continuent d’être insuffisamment pris en compte dans l’élaboration des politiques publiques de santé et la mise en place des dispositifs de soins.

Comme le préconise la Haute Autorité de Santé (HAS), le genre et le sexe doivent être considérés et intégrés à la liste des déterminants de santé, afin que les stratégies et les déclinaisons opérationnelles des politiques publiques territorialisées de santé et les mesures d’impacts de ces politiques prennent pleinement en compte en tant que tels les besoins spécifiques en santé des femmes.

Pour finir, la santé des femmes se trouve encore trop souvent exclusivement conçue sous l’angle de la santé sexuelle et reproductive. Cela est d’autant plus vrai pour les femmes en situation de précarité.

La féminisation de la précarité et le nombre en constante augmentation de femmes accueillies, hébergées et accompagnées au sein du réseau des adhérent·e·s de la Fédération des acteurs de la solidarité, et l’insuffisante considération (et de prises en charge et en soins) des besoins en santé des femmes dans leurs spécificités amène aujourd’hui la Fédération des acteurs de la solidarité à présenter ce plaidoyer.