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19 mars 2026

Un revenu minimum pour les jeunes : une urgence sociale confirmée

Le département de Meurthe-et-Moselle vient d’annoncer la reconduction de son dispositif « Revenu d’Emancipation Jeunes ».

Il s’agit d’une allocation de ressources à destination des jeunes de 18 à 24 ans, qui ne sont pas éligibles à d’autres dispositifs comme le Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) ou les bourses étudiantes, et dont les ressources mensuelles s’élèvent à moins de 400 € par mois. Les jeunes accèdent à une allocation mensuelle de 500 € et à un accompagnement social renforcé et individualisé, pendant une période de 6 à 12 mois.

À l’issue de l’expérimentation, qui a démarré en décembre 2024, les résultats confirment la pertinence d’un revenu minimum pour les jeunes : 

  • Réponse aux besoins : Le Revenu d’Emancipation a permis à des jeunes qui n’auraient pas pu bénéficier d’autres aides, d’accéder à un filet de sécurité et d’éviter l’extrême pauvreté. Les jeunes s’en sont servis pour répondre aux besoins suivants, dans l’ordre de priorité : l’alimentation, le logement, et la mobilité. 
  • Efficacité du dispositif : 70 % des jeunes sortent du dispositif au bout de 6 mois, contre 12 mois possibles. Le dispositif a permis aux jeunes de débloquer des freins d’accès à l’emploi ou à la formation relativement rapidement. En conséquence, l’enveloppe initialement dédiée au projet n’a été consommée qu’à hauteur de 65 % en 2025. 
  • Public cible : Le dispositif intervient en dernier recours, lorsque la situation du jeune ne lui permet pas de prétendre aux dispositifs existants : aussi, elle ne cible pas un nombre massif de jeunes, mais plutôt un public spécifique. Il s’agit des jeunes éloignés des institutions, vivant de multiples ruptures, qui ont besoin d’un accompagnement plus souple et individualisé. En Meurthe-et-Moselle, 11 % des jeunes accompagnés ont déjà fait l’objet d’une mesure à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). 

Ces résultats rejoignent ceux des deux autres expérimentations d’un revenu minimum pour les jeunes, menées respectivement par la Métropole de Lyon depuis 2021 et par le département de la Loire-Atlantique depuis 2022. Ainsi, la Métropole de Lyon souligne que sur 2 000 bénéficiaires, moins d’une dizaine ont reçu l’allocation sur les 24 mois possibles du programme, la majorité sortant du dispositif avec un emploi ou une formation au bout de 6 mois. Le département de Loire-Atlantique souligne que le Revenu Jeunes peut apparaître comme un levier de lutte contre le non-recours en facilitant l’accès à l’information et l’orientation vers d’autres droits existants : leur dispositif a par exemple permis à des étudiants de découvrir leur éligibilité à une bourse du CROUS.  

Ces expérimentations soulignent l’extrême nécessité d’un revenu minimum ouvert aux jeunes : les jeunes sont la population la plus pauvre de France, et la seule à être exclue de ce filet de sécurité. Cette situation a des impacts concrets sur leur accès à un logement, à la santé, à la mobilité, à l’alimentation. Si vivre avec un revenu minimum n’est souhaitable pour personne, il s’agit pour certains jeunes d’une question de survie. Ces expérimentations montrent qu’un revenu couplé à un accompagnement social souple et individualisé permettrait à certains jeunes de raccrocher avec un logement, un emploi ou une formation, et de sortir de la précarité : un bénéfice social immense, et des coûts évités dans la suite du parcours du jeune.

Dans ce contexte, la FAS réitère son appel aux responsables politiques pour la mise en place d’un revenu minimum ouvert à tous les jeunes dès 18 ans. 

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