19 mars 2026
19 mars 2026
La première année de déploiement du projet MAAA’elles-volet 2 confirme toute la pertinence d’un accompagnement croisant genre, précarité et addiction.
Fortement mobilisées, les équipes engagées dans le dispositif soulignent une évolution de leurs représentations, amorçant des transformations profondes tant dans leurs pratiques que dans l’organisation des structures. Cette dynamique, particulièrement riche, témoigne d’une réelle capacité d’adaptation et d’un engagement collectif à mieux répondre aux besoins des femmes en situation de grande vulnérabilité. Une autre manière de regarder, d’écouter et d’accompagner semble ainsi émerger.
L’un des apports majeurs du projet réside dans l’évolution des postures professionnelles. Les équipes témoignent (via un questionnaire en ligne dédié) d’une attention accrue au rythme des personnes, étayée par une meilleure connaissance des vécus et des besoins spécifiques des femmes accompagnées. Leur connaissance des addictions et des principes de réduction des risques s’est également renforcée, en lien avec le développement de partenariats avec le secteur de l’addictologie.
L’autorisation encadrée des consommations d’alcool, mise en œuvre dans certains dispositifs, illustre ce changement de paradigme. Elle favorise un accompagnement plus ajusté, contribue à réduire les risques, à déstigmatiser les usages et à ouvrir des espaces de parole.
La prise en compte du genre constitue un pilier central du projet, mettant en lumière le manque d’espaces réellement pensés pour les femmes.
Les actions déployées – temps en non-mixité, ateliers d’expression ou de “prendre soin”, groupes de parole, espaces d’intimité – ont permis aux femmes concernées de se sentir davantage reconnues et légitimes. Coconstruits avec elles, ces espaces ont favorisé l’expression des besoins et, dans certains cas, des avancées concrètes dans les parcours (hébergement, démarches, engagement). Malgré leur fragilité, ces résultats confirment l’intérêt d’approches adaptées.
La question de la santé mentale, notamment les liens entre psychotraumatisme et addiction, a également traversé cette première année. Des coopérations ont été initiées, mais ces enjeux restent un défi important : saturation des dispositifs, cloisonnement entre secteurs, manque de ressources et de formations. Ces limites peuvent freiner la mise en œuvre d’un accompagnement pleinement intégré.
En dépit de cela et des difficultés rencontrées – temporalité contrainte du projet, mobilisation parfois fluctuante des femmes accompagnées, contraintes organisationnelles ou encore absence de financement dédié aux actions de formation – la dynamique engagée demeure largement positive. Elle repose sur l’investissement constant des équipes.
Plusieurs orientations se dégagent pour la suite du projet (jusqu’en août 2026) : renforcer les partenariats avec l’addictologie et la santé mentale, poursuivre la sensibilisation des professionnels, développer les espaces dédiés aux femmes, consolider les démarches de réduction des risques et approfondir le travail autour de la pair-aidance.
En définitive, MAAA’elles-volet 2 semble faire émerger des pratiques plus inclusives et mieux adaptées aux réalités des femmes en situation de précarité confrontées aux addictions. Il témoigne aussi du fait que lorsque les équipes sont outillées, soutenues, engagées dans une réflexion commune, des évolutions sont possibles.
L’enjeu est désormais de pérenniser cette dynamique afin d’ancrer durablement ces évolutions dans les modes d’accompagnement.

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