Il y a un an, le 13 février 2025, le Collectif des Associations pour le Logement déposait deux recours contre l’État pour manquement à ses obligations en matière de droit à l’hébergement d’urgence et de droit au logement. Par cette démarche, nous saisissions la justice pour dénoncer la non-assistance à personnes mal logées. Un an plus tard, la situation ne s’est pas améliorée, elle s’est aggravée.
Une conférence de presse pour rappeler l’urgence
Le collectif a organisé une conférence de presse afin de dresser un état des lieux et alerter sur cette crise de l’hébergement et du logement sans précédent. Nathalie Latour, directrice générale de la Fédération des acteurs de la solidarité et co-porte-parole du collectif, a insisté sur le fait que ce n’est pas une fatalité sociale, mais bien le résultat de décisions politiques.
Chaque soir, des milliers de personnes appellent le 115 sans obtenir de solution. Le 2 février dernier, plus de 6 000 personnes sont restées sans hébergement, dont 1 793 enfants, 390 avaient moins de trois ans. Derrière ces chiffres se trouvent des parcours brisés et des professionnels contraints de trier la détresse. Pour la FAS, cette réalité est inacceptable, l’inconditionnalité de l’accueil ne peut être remise en cause.
Aux côtés de Nathalie Latour, Manuel Domergue, également co-porte-parole du collectif et directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, a rappelé l’ampleur de la crise : explosion des demandes de logement social, ménages reconnus prioritaires au titre du DALO en attente, saturation des dispositifs d’urgence. Pour l’avocat du collectif, Clément Capdebos, la situation est claire : « Nous demandons à l’État de respecter l’obligation qu’il s’est lui-même imposée. »
Cette année écoulée a aussi mis en lumière la fragilisation du dialogue entre l’État et les associations. Les acteurs de terrain alertent, documentent, témoignent, mais leurs constats peinent à se faire entendre. Les arbitrages budgétaires restent en décalage avec les engagements affichés, tandis que les territoires doivent composer avec des moyens insuffisants et des professionnel.les épuisé.es.
Ces recours reposent sur une conviction simple : des solutions existent pour sortir durablement du sans-abrisme.
Un an après le dépôt des recours, la FAS, aux côtés du Collectif, demeure pleinement mobilisée. Laisser des milliers de personnes sans solution d’hébergement n’est pas une fatalité, c’est un choix. Et nous refusons qu’il devienne la norme.