Une stratégie européenne sociale renforcée
La stratégie « Europe 2020 » fixait des objectifs ambitieux en matière d’emploi, d’éducation, d’inclusion et de lutte contre la pauvreté. Elle visait à sortir 20 millions de personnes de la pauvreté d’ici 2020. Cet objectif n’a pas été atteint, notamment en raison des effets de la crise du Covid-19.
La nouvelle feuille de route 2020-2030 intègre les principes du Socle européen des droits sociaux, avec l’ambition de réduire d’au moins 15 millions le nombre de personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale d’ici 2030, dont 5 millions d’enfants. Ce cadre vise une relance équitable articulée avec les enjeux écologiques et numériques.
Des fonds européens pour l’action sociale
Les politiques de cohésion, mises en œuvre en gestion partagée avec les États membres, sont dotées d’une enveloppe de plus de 330 milliards d’euros pour 2021-2027. Parmi eux, le Fonds social européen plus (FSE+) est le principal levier de financement pour l’emploi, la formation et la lutte contre la pauvreté. Il représente près de 99 milliards d’euros sur 7 ans, dont 6,7 milliards d’euros dédiés à la France. Il est aujourd’hui un outil de soutien majeur pour les associations œuvrant dans l’insertion, le logement ou l’inclusion.
Toutefois, les difficultés de gestion administrative persistent : procédures complexes, retards de versements, exigences de cofinancement.
Ces obstacles, déjà constatés sous la précédente programmation, continuent d’impacter la stabilité des structures de terrain, en particulier les plus petites. De nombreuses structures dénoncent une approche déconnectée des réalités sociales, avec une perte de sens croissante dans la mise en œuvre des politiques européennes.
En parallèle, d’autres fonds existent afin d’accompagner les territoires, comme le Fonds Asile, Migration et Intégration (FAMI), ou le Fonds de transition juste, pour accompagner les mutations écologiques.
Lire notre article détaillé sur les fonds européens : Mobilisation des fonds européens pour le secteur de l’AHI – Fédération des acteurs de la solidarité
Le programme Erasmus+ au service des acteurs sociaux
En plus de la mobilisation de fonds européens, un financement renforcé a été accordé aux programmes d’échanges comme Erasmus+, doté d’un budget de 26,2 milliards d’euros, permettant de financer des projets de formation, de mobilité, de coopération et d’échange de pratiques à l’échelle européenne. Les structures sociales peuvent ainsi s’en saisir pour développer les compétences de leurs salariés, enrichir leurs pratiques et découvrir d’autres modèles d’insertion.
Erasmus+ constitue un levier de professionnalisation, d’ouverture européenne et d’innovation sociale.
Lire notre article sur : Retour sur le Webinaire Erasmus + : se former au contact de partenaires européens – Fédération des acteurs de la solidarité
D’autres programmes européens comme CERV (Citoyens, Égalité, Droits et Valeurs) peuvent être mobilisés pour des projets liés à la participation citoyenne et au respect des droits fondamentaux.
Pour une Europe sociale au service de tou.te.s
Le cadre européen constitue un levier majeur pour l’action sociale. Il offre des opportunités de financement, de plaidoyer et de coopération qu’il faut saisir pour faire avancer les droits sociaux.
La FAS reste mobilisée pour que les politiques européennes soient plus justes, accessibles et connectées aux réalités de terrain.
Positionnement et actions de la Fédération
En tant que fédération, la FAS est chargée de représenter politiquement ses adhérents et de les outiller techniquement. Elle cherche à interpeller les décideurs nationaux et européens pour influencer les orientations politiques et les législations européennes qui impactent directement les associations et les services sociaux en France. Ce travail est réalisé en inter-réseau au niveau national et via les plateformes européennes auxquelles adhère la fédération.
L’action de la Fédération des acteurs de la solidarité se décline en plusieurs axes :
- Intégrer l’Europe dans toutes ses thématiques : la dimension européenne est prise en compte dans les évènements nationaux, les travaux des groupes d’appui, les publications ou encore les actions de plaidoyer.
- Partager les pratiques et s’ouvrir à d’autres modèles : la FAS encourage les échanges avec d’autres pays européens pour enrichir les pratiques professionnelles, mieux comprendre les politiques sociales en Europe et anticiper les évolutions du secteur. Elle accompagne également les structures souhaitant monter des projets transnationaux ou organiser des rencontres inter réseaux.
- Faciliter l’accès aux financements européens : La FAS agit pour que les activités du réseau soient reconnues dans les programmations de fonds européens (FSE+,FEDER, FAMI..). Elle alerte régulièrement les pouvoirs publics sur les difficultés rencontrées par les structures et accompagne les porteurs de projets. En lien avec l’agence Erasmus+, elle soutient aussi les structures qui souhaitent s’engager dans la coopération européenne.
- Assurer une veille sur le droit européen : la FAS suit les évolutions du droit européen applicables aux services sociaux d’intérêt général. Elle défend une approche partenariale entre associations et pouvoirs publics, face aux logiques de mise en concurrence.
- Contribuer aux réseaux européens : en tant que membre actif de plateformes comme l’EAPN, la FEANTSA, la FAS partage la réalité française au niveau européen et relaye les informations issues des autres pays au sein de son réseau.