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26 janvier 2026

PLF 2026 : un budget sous tension pour les associations de solidarité

Jeudi 22 janvier 2026, la FAS a été reçue à Bercy par le ministre de l’Économie et des Finances, pour alerter sur la fragilisation croissante des associations de solidarité. Dans un contexte d’incertitude budgétaire et de tensions de trésorerie majeures, la Fédération a exposé les difficultés concrètes rencontrées sur le terrain et rappelé l’urgence d’un soutien renforcé.

Les échanges ont permis d’évoquer différentes pistes pour soutenir le secteur, comme la mobilisation des banques, des dispositifs de prêts garantis par l’État, des avances de trésorerie ou des exonérations. Le gouvernement s’est engagé à poursuivre les discussions, mais aucune décision structurelle immédiate n’a été annoncée.

PLF 2026 : un processus parlementaire toujours sous tension

La partie recettes du PLF 2026 a été adoptée à l’Assemblée nationale via l’article 49.3 mardi 20 janvier 2026. Il est très probable que le texte revienne à l’Assemblée avec un nouveau 49.3, ce qui devrait marquer la fin du processus parlementaire dans les prochaines semaines.

Des avancées limitées

Le PLF 2026 comporte quelques points positifs, mais ils restent très largement insuffisants au regard des besoins du secteur :

  • Hausse de la prime d’activité, qui est le principal poste en augmentation.
  • Logement : avec l’aide RLS pour les foyers les plus précaires, le Fonds national des aides à la pierre (FNAP) et l’augmentation de Ma Prime Rénov’.
  • Insertion par l’activité économique : on note une rectification budgétaire partielle, la baisse initiale de 244 millions est compensée à hauteur de 128 millions.

La version initiale du PLF prévoyait une baisse drastique des crédits (-12 % par rapport à 2025), impliquant la suppression de 20 000 postes et près de 60 000 parcours d’insertion. Sous la pression d’un compromis parlementaire transpartisan inédit, le gouvernement a finalement limité la baisse à 2 %. Si cette correction évite une casse généralisée, elle ne respecte pas les compromis votés par le Parlement, tant au Sénat (+139 M€) qu’en Commission des finances de l’Assemblée nationale (+244 M€) qui auraient permis de maintenir le niveau de crédits de 2024, et maintient une orientation budgétaire restrictive pour des structures déjà fragilisées.

La FAS membre du Collectif IAE appelle à respecter le compromis trouvé au Sénat par un amendement au PLF lors de la lecture définitive, à sanctuariser le budget formation (PIC IAE) et à préserver l’offre d’insertion sur les territoires.

→ Lire le communiqué de presse

Mais ces avancées se heurtent à des reculs préoccupants sur d’autres postes essentiels :
  • Hébergement : le budget revient à la copie initiale du gouvernement (+100 millions par rapport à 2024), annulant les gains obtenus à l’Assemblée (+200 millions) et les propositions moins favorables du Sénat (+115 millions).
  • Asile : 30,4 millions de crédits supprimés, dont 25,8 millions pour l’accueil et l’hébergement des personnes étrangères et 4,4 millions pour certains dispositifs d’aide sociale, ce qui limite la disponibilité de fonds supplémentaires en fin d’année.
  • Suppression de l’APL pour les étudiants étrangers.

La FAS déplore que, malgré le plaidoyer porté auprès du gouvernement et du Parlement, le PLF 2026 ne réponde pas aux besoins croissants des associations de solidarité et des publics les plus vulnérables.

La Fédération continuera de suivre de près l’adoption finale du budget et ses impacts sur le secteur. Une note de synthèse plus détaillée sera prochainement publiée pour clarifier l’ensemble des conséquences du PLF 2026 sur les associations et les actions à mener.