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Vers des jours meilleurs

Le centre d’accueil de jour l’Arche d’Avenirs, situé dans le 13e arrondissement de Paris, est le plus grand de France. Salariés et bénévoles reçoivent environ 350 personnes chaque jour. Du repos, des informations, une douche chaude ou bien un lavage de leur linge en machine, elles viennent y trouver une aide temporaire mais indispensable.

Cet après-midi-là, ils attendent calmement de pouvoir entrer dans le grand bâtiment refait à neuf de la rue Regnault dans le 13e arrondissement de Paris. Certains ont prévu de prendre une douche chaude, un café ou bien de s’installer dans la salle de repos pour faire une sieste en sécurité ou pour lire l’un des livres de la bibliothèque. Ou bien c’est un rendez-vous avec une travailleuse sociale ou la psychologue qui les attend. Ils savent qu’ils sont les bienvenus, et c’est déjà beaucoup pour quelqu’un qui a l’habitude de voir les portes se fermer sur son passage. « Quel que soit le nombre de personnes, elles entrent toutes, même si elles sont un peu serrées en bas ensuite », dit Laurence, psychologue. Et en période hivernale, le centre ne désemplit pas du matin au soir, même si, avec ses 880 m2 de surface, il est le plus grand de France et l’un des rares à Paris à disposer d’un service de domiciliation comptant à ce jour 800 inscrits. Pas besoin de prendre un ticket ou d’attendre son tour pour descendre les marches vers les différentes salles, il suffit d’entrer, sans avoir à décliner son identité. Ci besoin, une équipe est là dès l’accueil avec une travailleuse sociale qui peut trouver des solutions rapidement ou orienter vers un autre organisme si nécessaire. « Les personnes ne viennent pas forcément nous voir dès leur arrivée, soulagées de pouvoir entrer quelque part sans avoir à répondre à des questions. Ensuite, c’est à moi de repérer celles qui sont un peu isolées ou qui prennent des postures de mal être et d’aller les voir pour leur proposer de les accompagner. Nous sommes un peu des électrons libres et nous nous déplaçons sans cesse dans l’immeuble pour aller vers les gens », poursuit-elle.

Désacraliser la relation entre l’usager et le travailleur social

La relation entre l’équipe et les usagers du centre repose en grande partie sur l’ambiance générale de l’établissement. Les salariés disent eux-mêmes voir la différence depuis l’installation dans les nouveaux locaux il y a un an. Le public est plus calme et responsabilisé par la propreté des lieux. Ouvert en 2001, l’Arche d’Avenirs a en effet déménagé pour s’installer dans le bâtiment des anciennes usines Panhard et Levassor. Rien n’a été laissé au hasard dans le choix des espaces et des matériaux. Des tableaux signés C215 ornent même les murs. Ici la lumière joue un rôle très important. « Il était hors de question d’avoir des néons dans ce genre d’établissement. On voulait contrer l’image habituelle de ces lieux collectifs », explique François Buchsbaum, le directeur, qui a participé à la conception du centre avec les architectes. L’impression de confort est bien réelle, même s’il ne s’agit que d’un confort temporaire puisque le centre n’est ouvert que la journée. Julien, 75 ans, qui fréquente le centre de temps en temps, trouve même cet endroit « très élégant ». La séparation des pièces a été pensée en fonction des différents publics. Par exemple les femmes, qui sont de plus en plus nombreuses, ont maintenant un endroit qui leur est réservé avec une salle de repos dont elles ont choisi les meubles et la disposition. « Nous avons organisé des groupes de réflexion avec les usagers avant le déménagement pour qu’ils donnent leur avis sur le futur centre. Ils ont vraiment eu une surprise, ils avaient du mal à s’imaginer dans cet espace », raconte François Buchsbaum. Penser ce bâtiment n’a pas été une mince affaire d’autant que l’association La Mie de Pain, qui gère l’Arche d’Avenirs et d’autres centres dans Paris, a acheté le bâtiment. « La qualité des services que nous leur proposons est très importante », dit Carole, travailleuse sociale. « Avec 70 douches en moyenne dans la journée, des machines à laver qui tournent et des consignes pour laisser des affaires, il est indispensable que les lieux soient très propres et que tout soit parfaitement organisé. C’est vraiment un lieu unique à Paris. Et pour nous c’est aussi plus agréable de travailler dans ces conditions ». La différence avec les autres établissements ne s’arrête pas là. En effet, les bureaux des travailleuses sociales et de la psychologue sont disposés de telle manière qu’ils permettent, comme l’a souhaité le directeur, de « désacraliser la relation entre l’usager et le travailleur social ». Les discussions se passent sur des fauteuils séparés par une table basse. Seul bémol aux différentes qualités de ce centre : l’envie d’y revenir alors que ce n’est pas le but. « Venir tous les jours n’est pas bon pour eux puisqu’ils s’enferment sur cet endroit et ne multiplient pas les contacts avec les travailleurs sociaux dans d’autres établissements. C’est un lieu pour se reposer un peu et être orienté mais venir ici ne peut pas être un objectif en soi », dit François Buchsbaum.

Céline Figuière

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