Plan Pauvreté : analyse et vigilance

Les actualités de F magazine

LA FÉDÉRATION A PUBLIÉ
DANS LE MAGAZINE
ACTUALITÉS SOCIALES HEBDOMADAIRES
UNE ANALYSE APPROFONDIE DE CE PLAN.
ELLE ABORDE :

1 La réforme des prestations et les inquiétudes sur l’évolution du pouvoir d’achat des personnes les plus précaires
• La revalorisation significative de la prime d’activité et le soutien des personnes en emploi
• L’annonce d’un Revenu Universel d’Activité aux contours indéfinis

2 Un renforcement attendu de la prévention dès l’enfance pour rompre avec la reproduction des inégalités
• Les inconnus du bonus mixité sociale dans les établissements d’accueil de jeunes enfants
• Le défi de prévenir les sorties sèches de l’ASE

3 Des engagements insuffi sants pour réduire le nombre de familles à la rue ou en situation de grande exclusion
• Des crédits qui ne suivent pas l’augmentation des personnes à la rue
• Vigilance associative autour de la création des maraudes mixtes de lutte contre la mendicité des enfants

4 L’accès aux soins : des avancées positives mais insuffi santes
• Garantir à chacun l’accès à une complémentaire santé
• Hébergement et accès aux soins
• La santé des enfants

5 L’insertion des jeunes et les actions de retour à l’emploi
• Les enjeux de la réforme de l’Insertion par l’Activité Economique

6 La gouvernance territoriale de la stratégie

+ RETROUVEZ CETTE ANLAYSE APPROFONDIE
sur le site internet de la Fédération

Avec 8,8 millions de personnes qui vivent en des-sous du seuil de pauvreté (en progression d’1 million depuis la crise de 2008), l’annonce le 13 septembre par le président de la République de la stratégie quinquennale de lutte contre la pauvreté des enfants et des familles, reportée de juillet à septembre, était très attendue par les associations et les personnes qui subissent les effets de la crise économique et des inégalités au quotidien.
Le choix assumé d’un ciblage prioritaire des mesures sur la pauvreté des familles et des enfants, dans une logique d’investissement social, de prévention et de lutte contre les déterminismes sociaux semble répondre à plusieurs évolutions observées : la transmission de la pauvreté de génération en génération avec 3 millions d’enfants pauvres, la fragilisation des familles monoparentales (taux de pauvreté à 34,9 %) et des jeunes (dont le taux de chômage est deux fois supérieur à la moyenne nationale) ou encore l’augmentation depuis plusieurs années du nombre de familles à la rue ou dans les hébergements précaires.
Ce plan apparaît également comme une première inflexion sociale après plusieurs mesures prises en début de quinquennat très largement défavorables aux personnes en difficulté (réduction des APLAPLAide personnalisée au logement, des contrats aidés, baisse des crédits du logement social....). Dotée de 2 milliards d’euros par an jusqu’en 2022, dont la moitié sont consacrés à la revalorisation de la prime d’activité, ces crédits doivent être mis en perspective avec les coupes budgétaires annoncées au budget 2019 sur le logement (-1,1 milliard dont les APLAPLAide personnalisée au logement), sur les aides sociales (les allocations familiales, les pensions et l’APLAPLAide personnalisée au logement n’évolueront qu’à hauteur de + 0,3 % alors qu’elles étaient indexées à l’inflation estimée à 1,7 % en 2019), sur la politique de l’emploi et les contrats aidés (qui passera à 100 000 PEC en 2019 pour 200 000 en 2018). Ainsi, les mesures nouvelles de la stratégie pauvreté présentées en septembre étaient-elles largement financées par redéploiement au sein des politiques de solidarité, au détriment notamment des politiques de l’emploi et du loge-ment dont les crédits diminuent en 2019. L’annonce par le président de la République le 10 décembre dernier, à la suite du mouvement social des Gilets Jaunes, d’une revalorisation de la prime d’activité (+ 100 euros pour une personne au SMIC, soit + 20 euros par rapport à ce qui était initialement prévu dans la stratégie pauvreté) et le relève-ment de son plafond modifi e l’analyse budgétaire du plan et améliore nettement la situation des ménages modestes qui sont en emploi. Mais pour les autres, chômeurs de longue durée, allocataires du RSARSARevenu de solidarité active, la situation financière et le « reste à vivre » risquent de se dégrader en 2019. ●

Florent Guégen

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