Baromètre 115 de février 2012 - Au printemps, fait-il si bon être dehors ?

Les résultats du 4e baromètre hivernal 115 témoignent à nouveau, s’il en était besoin, de la gestion au thermomètre du dispositif d’hébergement d’urgence. Face à la forte baisse des températures sur les premières semaines de février, des places sont ouvertes rapidement. Mais dès le climat plus clément, ces places sont immédiatement refermées. C’est cette même conception de l’hébergement d’urgence qui entraînera dans les semaines à venir, avec la fin de la période hivernale, la remise à la rue des personnes hébergées.


Zéro personne à la rue… uniquement en dessous de zéro degré

La réaction rapide de l’Etat face à la baisse des températures, début février, entraîne sur cette période une diminution du taux de non-attribution de places d’hébergement suite à un appel au 115 (36%). Cependant, ce chiffre ne traduit pas la réalité de la situation critique de l’urgence sociale sur les territoires. En effet, depuis mi-février, avec le radoucissement, les solutions mobilisées sont fermées progressivement. Loin du besoin d’insertion des personnes, c’est avant tout la peur des conséquences dramatiques qu’entraînerait l’absence de mise à l’abri, et la sensibilité accrue des médias et du public, qui provoquent l’ouverture de lieux collectifs d’hébergement.

Comme chaque année, la fin de la période hivernale verra dans quelques semaines des milliers de personnes remises à la rue, malgré les engagements réitérés des pouvoirs publics et les objectifs de la politique de refondation de l'hébergement et de l'accès au logement.

C’est pour dénoncer le maintien de cette logique saisonnière que le collectif des associations unies a récemment lancé une opération baptisée "19.000 invisibles". Cette opération vise à aller au devant des personnes mises à l’abri dans les structures temporaires pour mieux connaître leurs besoins et les aider à faire valoir leurs droits. Cette opération devrait ainsi permettre aux personnes mises à la rue de demander que leur soit faite une offre de logement ou à défaut d’hébergement.


Un bilan loin des effets d’annonce

A l’heure du bilan quinquennal, le constat est dur : augmentation du nombre de sans abri (+ 75% de sans domicile fixe entre 2001 et 2010 selon la Cour des comptes), crise de l’hébergement d’urgence, accès au logement pérenne insuffisant faute de places disponibles et accessibles pour les personnes en précarité. La politique de refondation n’a pas réussi à mettre fin aux besoins de l’urgence sociale et pas encore à favoriser l’accès direct des personnes au logement.

La FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité rappelle ses positions : la consolidation des dispositifs de veille sociale pour "aller vers" les publics invisibles ; un moratoire sur la réduction des places d’hébergement tant que les solutions opérationnelles de logement ne sont pas en place ; la mobilisation et la construction de logements accessibles ; l’investissement massif dans l’accompagnement social global des personnes ; le maintien à long terme d’une capacité d’hébergement humanisée pour faire face aux besoins d’urgence sur le territoire.

 

Mots-clés: Baromètre

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