En Vendée, Passerelles mise sur la médiation active pour permettre aux personnes réfugiées de trouver un emploi

 

Logo SEVE CMJN RondDepuis 2009 et la création de son service d’Accompagnement et d’Insertion Sociale et Professionnelle des réfugiés (AISPR), l’association Passerelles basée en Vendée accompagne les réfugiés dans toutes les difficultés qu’ils rencontrent (accès aux droits, au logement, démarches de réunification familiale, accès aux soins…). Grâce à cette expertise, les salariés de l’AISPR constatent que formation et emploi sont des vecteurs importants d’intégration et décident de s’engager avec l’équipe du chantier d’Insertion « Passerelles des saveurs » dans le programme SEVE Emploi en 2018/2019.

Pauline Chauvet, à l’époque salariée de l’AISPR, se souvient : « il y avait de nombreuses offres d’emploi à pourvoir en Vendée mais les réfugiés, motivés et avec des compétences, ne trouvaient pas de travail. Alors on orientait beaucoup vers l’Insertion par l’Activité Economique, mais ça ne répondait pas toujours à leurs besoins. Nous sentions qu’il fallait aller à la rencontre des entreprises, mais on se questionnait sur notre légitimité. On avait des débats en interne autour des limites du travail social. SEVE Emploi est arrivé au bon moment dans ce questionnement, et nous as permis de structurer notre démarche pour aller sur le terrain sereinement ».  

Fort de cette expérience, Passerelles candidate au PIC Intégration Professionnelle des Réfugiés et fait partie des 18 lauréats de la première vague de l’appel à projet début 2019. Un financement de 3 ans permet à l’association de lancer une plateforme d’intégration professionnelle des réfugiés : c’est la naissance du service « ADERÉ » en octobre 2019. Passerelles pilote désormais un consortium de plusieurs acteurs venus d’horizons différents (radio locale Graffiti, CCICCIChambre de Commerce et de l’Industrie, Club FACE, centre vélo, Ligue de l’enseignement, Fuzz’Yon, Siti Intérim…) mais déterminés à faciliter l’accès à l’emploi des réfugiés.

Photo atelier ADERE été 2020Photo prise lors du module construction de projet professionnel durant l'été 2020, réalisé en extérieur pour favoriser le respect de règles sanitaires. 

 

Ce croisement de regard est un enrichissement comme nous l’explique Pauline Chauvet, désormais coordinatrice d’ADERÉ : « Le dernier module que nous ayons proposé aux bénéficiaires est sur la construction du projet professionnel. Après un premier travail basé sur la méthodologie de l’ADVP pour faire émerger leurs souhaits d’orientation professionnels, les bénéficiaires sont mis en relation avec Radio Graffiti. L’animateur fait découvrir la radio et ses métiers puis initie un jeu de rôle en réalisant simulations d’interviews. Cela nous permet de travailler sur l’expression orale et éventuellement de corriger la prononciation. Une fois que les bénéficiaires sont plus à l’aise pour prendre la parole, le Club FACE Vendée propose une rencontre avec des entreprises adhérentes de son réseau pour présenter leurs métiers et leurs besoins en recrutement. C’est une manière pour les personnes réfugiées de découvrir les besoins d’emploi qui existent sur notre territoire. Ce module se termine par un stage au sein d’une entreprise pour valider le projet professionnel. »

Cette approche partenariale stimule les innovations au sein de Passerelles et pousse les chargées de mission emploi à imaginer de nouveaux outils. « La mise en relation avec les entreprises du territoire est désormais bien en place, explique Pauline Chauvet, mais nous pouvons aller plus loin. Les entreprises qui recrutent des réfugiés ont souvent envie, après quelques semaines ou quelques mois, de faire monter en compétences leurs salariés ou de leur permettre de devenir plus polyvalents. Nous pensons qu’il faudrait accompagner le salarié avec du Français Langue Etrangère à visée professionnelle, c’est-à-dire centré sur une approche métier très individualisée. C’est un enjeu d’intégration sur le long terme dans l’entreprise, pour faciliter les liens avec les collègues et plus globalement son intégration dans la société ».

Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté1200px Logo du Ministère du travail 2020.svg 1Sans titre

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Intégrées au programme SEVE Emploi, les associations Tremplin Acemus ont adapté leurs activités à la crise

JA panierTremplin et Acemus sont deux associations basées au Poiré sur Vie en Vendée qui ont démarré le programme SEVE Emploi en janvier 2020. Elles assurent des activités de mise à disposition, d’entretien des espaces verts et de maraîchage, et même de la transformation avec confection de confitures et de jus de fruits. Les activités liées aux espaces verts ont été interrompues à l’annonce du confinement. En revanche, c’est la pleine saison sur le maraîchage ! L’activité a été maintenue et l’équipe qui travaille d’habitude sur les espaces verts est venue en renfort sur le maraîchage. Les salariés du chantier sont des personnes assez isolées pour lesquelles le fait de travailler représente beaucoup, et l’équipe souhaitait conserver la dynamique engagée avec eux. Julien Martineau, coordinateur du chantier espaces verts, nous explique comment s’est passé cette expérience.

Comment les salariés du chantier d’insertion ont abordé ces changements ?

Le basculement de l’équipe espaces verts vers le maraîchage s’est fait assez naturellement. Il arrivait déjà que les salariés viennent donner un coup de main aux collègues lors des pics d’activité. Un roulement a été mise en place pour les salariés afin de limiter le nombre de personnes présentes en même temps au jardin. Il y a eu quand même quelques craintes au démarrage, on a donc bien travaillé sur les mesures de protection, en particulier sur l’échelonnement des embauches pour que les salariés ne se croisent pas dans les vestiaires. On a aussi valorisé le fait que leur travail avait une utilité importante et permettait aux gens de continuer à s’approvisionner avec des produits frais et locaux.

Plusieurs articles dans la presse récemment indiquent que la plateforme du gouvernement « des bras pour ton assiette », qui devait permettre de pallier aux manque de main d’œuvre dans le maraîchage, a eu un bilan mitigé. Seulement 15 000 contrats ont été signés pour 300 000 candidatures et beaucoup de ces salariés novices ont rompu prématurément leur contrat. Est-ce que l’arrivée de ces salariés sur l’activité maraichage, qu’ils ne connaissaient pas ou peu, a été facile ou avez-vous rencontré les mêmes difficultés ?JA benoit

Mon collègue Benoît, encadrant technique maraîchage, a beaucoup travaillé sur ce sujet. L’accueil et l’explication des gestes et postures aux nouveaux salariés est un premier temps important. Mais il faut aussi travailler sur la diminution de la pénibilité en s’équipant davantage. Les techniques de désherbage et d’arrosage ont étés repensées pour devenir moins récurrentes et contraignantes pour les salariés. Nous avons aussi pris le soin de rendre les tâches plus intéressantes et de leur donner du sens. Nous ne faisons pas de monoculture et au contraire nous cherchons à tendre vers une vision holistique du jardin prenant en compte l’agronomie, l’écologie l’humain .... Nous avons multiplié les actions et les projets : les salariés peuvent travailler en plein champ, en serre, sur des cultures variées, sur l’entretien du poulailler ou de l’agroforesterie, et faire les livraisons de légumes pour nos clients ou tenir le petit magasin que nous avons sur le site.

Et maintenant, comment se passe le retour de votre équipe sur les espaces verts et comment voyez-vous la suite du programme SEVE Emploi ?

Nous avons pris un retard que nous n’arriverons pas à rattraper avant l’automne sur l’entretien des espaces verts. A ce retard, s’ajoutent des difficultés d’organisation car nous devons respecter des protocoles. Par exemple, nous avons dû adapter le nombre de salariés présents par véhicules lors des déplacements et donc sur les chantiers. Les collectivités locales pour lesquelles nous intervenons sont très compréhensives, mais nous mettons plus de temps que prévu pour nos interventions. Pour la suite de SEVE Emploi, je pense que ça va demander un peu de temps de reprendre contact avec les entreprises parce que leur priorité n’est sans doute pas au recrutement. Il va falloir qu’on trouve des moyens pour leurs présenter nos salariés et que la rencontre se fasse. Les choses se feront petit à petit, je ne suis pas inquiet.

Pour en apprendre davantage sur Tremplin et Acemus, découvrez leur site internet : https://www.tremplinacemus.fr/

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"Il nous a semblé essentiel de contribuer à une action de soutien" : L'association Resto Troc à Angers se mobilise dans le cadre de la crise du COVID-19

resto secours pop cooaam

L’association Resto Troc, située dans le quartier de Belle-Beille à Angers, est à la fois un lieu de restauration solidaire et un espace de vie sociale proposant des activités aux habitants. Les locaux de l’association sont en travaux depuis plusieurs mois, leur inauguration était prévue le 31 mars. Bien entendu, la crise sanitaire en a décidé autrement, mais l’équipe bénévole et salariée n’a pas baissé les bras et a su saisir l’occasion d’agir avec solidarité.

Nous faisons le point sur la situation actuelle avec Fanny Van Brederode, directrice de l’association.

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[COVID-19] Ressources pour le secteur de l'Insertion par l'Activité Economique

ARTICLE ACTUALISE LE 8/04 : 

Les entreprises associatives du secteur de l’Insertion par l’Activité Economique s’organisent pour faire face à la crise du COVID-19. Les réseaux de l’IAEIAEInsertion par l'Activité Économique les soutiennent pour atténuer le plus possible les effets socio-économiques préjudiciables pour leurs structures et leurs salariés.

Vous trouverez ici une compilation de documents et liens essentiels :

Au niveau national

  • Activité partielle :
    • Dispositif exceptionnel d'activité partielle – Questions / Réponses du Ministère du Travail
    • Précisions et questions réponses - Ministère du Travail Nouveau 3 avril 
    • Précisions de l'URSSAF concernant le dispositif d'activité partielle - Site Internet de l'URSSAF
    • Nouveau : Bulletins de paie« S’agissant des bulletins de paie de mars, compte tenu des difficultés de traitement des demandes d’activité partielle dues à l’afflux exceptionnel sur le portail Activité partielle, beaucoup d’entreprises n’ont pas encore reçu les décisions de la Direccte suite à leur demande.
      Pour autant, les entreprises sont invitées à émettre les bulletins de salaire de mars avec mention des heures chômées dans le cadre de l’activité partielle, même si elles n’ont pas reçu la décision d’autorisation de recours à l’activité partielle. Une éventuelle régularisation se fera sur le bulletin de paie d’avril dans l’hypothèse, peu généralisée au vu de l’assouplissement du dispositif, où l’entreprise se verrait notifier une décision de refus.
      L’évolution des textes réglementaires et législatifs ne prévoit pas à ce stade d’évolution majeure sur l’indemnité due au salarié, qui demeure à 70% de la rémunération brute antérieure, sur la base de l’assiette à l’indemnité de congés payés.
      Il est demandé aux employeurs d’informer leurs salariés, en accompagnement des bulletins de paie. En effet, sans complément employeur au maintien de salaire, la rémunération touchée par le salarié sera moins favorable.
      Le décret paru le 25 mars créant le nouveau dispositif d’activité partielle et modifiant le calcul de l’allocation versée à l’employeur (allocation proportionnelle) sera applicable aux demandes d’indemnisation déposées à compter du 25 mars et relatives aux heures chômées depuis le 1er mars. »
      extrait du site de la DIRECCTE Pays de la Loire

Pour les Pays de la Loire

Vous trouverez également la boite à outils du siège ici à destination de tous les acteurs de la solidarité.

 

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"Nous avons du prendre des décisions très rapidement" : Témoignage de Marie-Annick Branchereau, directrice d'une structure d'insertion à Nantes

ménage service nantesMarie-Annick Branchereau est directrice d’un Structure d’Insertion par l’Activité Economique située à Nantes. Son entreprise réalise l’entretien de locaux professionnels et propose différentes prestations aux particuliers de la métropole nantaise : ménage, repassage et entretien du linge ou les courses de proximité. Impactée comme tous les acteurs économiques par la crise du COVID-19, elle nous explique quelles mesures ont été mises en place au sein de Ménage Service.

  • Comment avez-vous géré les annonces gouvernementales consécutives à la crise sanitaire que nous traversons ?

Nous avons dû prendre des décisions rapidement. Dès lundi, avec le président de Ménage Service, nous avons suspendu nos prestations jusqu’à nouvel ordre. Nous nous sommes basés sur plusieurs éléments pour prendre cette décision. D’une part, un certain nombre de clients ont décidé d’annuler ou de suspendre les interventions prévues à leur domicile. A cause du confinement, beaucoup de personnes ont décidé de réaliser elles-mêmes les tâches qu’elles nous confiaient auparavant. D’autre part, nos intervenants étaient impactés à la fois par la diminution voire l’arrêt des transports en commun, qui sont essentiels à leurs déplacements professionnels. Dans notre secteur, les mesures de distanciation sont également très complexes à mettre en place car il s’agit de se rendre au domicile du particulier.

  • Aujourd’hui, comment fonctionne Ménage Service ?

La plupart des salariés en parcours sont actuellement en chômage partiel. 4 clients qui nécessitaient d’être soutenus car isolés et sans lien familial ont souhaité que leurs prestations soient maintenues. Les 3 salariées qui intervenaient chez eux continuent donc d’intervenir sur la base du volontariat. Nous avions acheté des masques lors de la crise du H1N1, ils sont périmés mais ont toujours été stockés correctement. Nous avons décidé de les en équiper. Nous leur avons aussi fourni des gants et rappelé les consignes de sécurité. Le Conseil d’Administration a pris soin de s’assurer de leur situation et de les remercier pour leur engagement. La communication avec elles est très régulière.

Les encadrantes techniques sont chez elles en chômage partiel car la nature de leurs missions et l’équipement informatique dont dispose l’association ne permet pas de télétravail.

Pour ma part, je travaille et me rends tous les jours au bureau. C’est également le cas de la comptable de l’association dont le rôle est actuellement essentiel. Nous avons mis en place des règles : nous ne partageons pas le même bureau et nous mangeons en horaires décalés. Nos locaux ne sont plus ouverts au public, mais nous assurons une permanence téléphonique.

  • Comment envisagez-vous les jours qui viennent ?repassage

Ménage Service a une trésorerie satisfaisante, il n’y a donc pas de stress financier immédiat. Le Conseil d’Administration a décidé de recourir au chômage partiel jusqu’au 31 mars. Nous tenons informés les salariés sur l’évolution de la situation. Notre priorité c’est de payer les salaires à la fin du mois. Les logiciels de comptabilité commencent à s’adapter à la situation. Notre commissaire aux comptes est une ressource importante, tous comme les réseaux de l’IAEIAEInsertion par l'Activité Économique. Le réseau des Ménage Service a également prévu une réunion à distance mardi prochain.

  • Quelles sont les tensions que vous ressentez aujourd’hui pour la suite ?

Aujourd’hui tout le monde est confiné, les tâches ménagères sont réalisées en famille et les entreprises n’ont pas de besoins. Nous faisons partie des activités dites « de confort » donc non essentielles. Je crains qu’en cas de difficultés économiques ce soient ces prestations qui s’arrêtent à la fin du confinement. Jusqu’ici, un seul client s’est manifesté pour arrêter son contrat avec nous. Il n’y a donc pas de panique de leur part, pour l’instant notre activité est uniquement suspendue. Nous comptons sur la solidarité de nos clients et leur avons envoyé un courrier pour être transparents sur l’impact économique de cette crise sur notre association.

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85 bd Germaine Tillion
49 100 Angers
☎ 02 41 20 45 16
[email protected]

Pour les demandes relatives aux formations, prestations de conseil et d'expertise, écrire à l'adresse: [email protected]

 

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