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Etude Parité et travail social

La FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité a toujours affirmé son engagement pour une véritable vie associative basée sur deux valeurs fondamentales : démocratie et représentativité. C'est dans ce cadre qu'elle s'est investie sur la progression de la place des femmes dans son réseau considérant que cette action est un facteur de progrès tant pour les hommes que pour les femmes qui la composent.

Dès l'année 2000, pour mieux cerner la place des femmes dans la fédération au niveau national, régional et auprès de ses adhérents, la FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité a engagé deux études successives : une quantitative sur la place des femmes dans le réseau, l'autre quantitative et qualitative afin d'identifier les obstacles et les leviers nécessaires à la prise de responsabilités des femmes.

Suite aux conclusions de ces travaux, le conseil d'administration de la FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité votait en 2002 un texte d'orientation ayant pour objet le renforcement de l'engagement de la fédération sur la parité dans la vie associative, avec un objectif précis : 40 à 60% de femmes élues dans toutes les instances fédérales d'ici 3 ans. Un programme d'actions fédérales a été proposé à l'ensemble du réseau en décembre 2002.

Depuis, la FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité poursuit annuellement l'actualisation quantitative des données sur la place des femmes et des hommes dans son réseau afin de suivre l'évolution paritaire. L'analyse des données de 2003 montre que si quelques améliorations sont enregistrées notamment au niveau de la fédération nationale, l'objectif transversal de 40 à 60% de femmes élues dans les instances décisionnelles et participatives est loin d'être atteint.

En 2004, deux mesures « phares » ont été prises pour aider à lever les freins à la prise de responsabilité des femmes :
- l'introduction dans les règles de remboursement des frais de garde d'enfants pour les administrateur- trices et les bénévoles.
- l'inscription dans le projet fédéral de l'engagement d'intensifier les actions de la fédération afin d'atteindre à moyen terme la parité entre les femmes et les hommes au sein des instances fédérales (axe 5 : Une organisation pour développer la vie fédérale)

Suite à l'adoption du projet fédéral et dans le cadre de la nouvelle organisation des commission de travail au national, l'objectif était de créer une culture commune et partagée sur les questions de parité dans les groupes et en conséquence de s'appuyer sur des référent(e)s Parité dans les groupes/commissions et dans les régions. Ce projet n'a pu voir le jour faute de volontaires.

Au regard de ces difficultés de mobilisation du réseau, il a été décidé en 2006 de lancer une étude sur « Parité et travail social » afin de faire en sorte que nos orientations politiques puissent s'inscrire aussi dans une réflexion et des actions concrètes sur ce thème.

Objectifs et méthodologie de l'étude « Parité et travail social » :

Objectifs :
- Sensibiliser le réseau FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité à la question de la surreprésentation des femmes dans les métiers du social.
- Appréhender le traitement des questions de mixité et de parité dans la construction de la culture professionnelle des travailleurs sociaux.
- Comprendre les enjeux et les effets de cette présence majoritairement féminine sur les pratiques professionnelles.
- Elaborer des préconisations pour le réseau et la fédération.

Méthodologie : Pour conduire cette étude, une première phase de recherche documentaire a été mise en place, suivi d'une enquête par questionnaire. Cette seconde phase a permis à la fois de recueillir des matériaux pour l'étude et de sensibiliser le réseau FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité à la problématique. Un questionnaire en trois volets a été construit :
- un volet sur les raisons du choix d'une équipe mixte ou non, sur sa mise en œuvre..., plutôt destiné à des administrateurs et des directeurs ;
- un volet sur les modifications apportées par ce choix en terme de conduite de projets, de dynamique d'équipe..., plutôt destiné à des directeurs et des chefs de service ;
- un volet sur l'impact de ce choix sur les pratiques professionnelles, plutôt destiné à des travailleurs sociaux et à des usagers.

Ce questionnaire a été relayé par 4 régions (Aquitaine, Ile-de-France, Picardie, Poitou Charente), par des membres du comité de pilotage, lors du congrès des 50 ans de la fédération. Les résultats des questionnaires ont été complétés par des entretiens en face-à-face ou téléphoniques, auprès de personnes identifiées au sein du réseau pour avoir une analyse construite sur ces questions (11 entretiens, dont 5 avec des femmes et 6 avec des hommes). Le comité de pilotage a été constitué à partir du groupe Egalité, des membres de la commission III « Publics et travail social » et de la commission IV « Vie associative et fédérale » ont aussi été sollicités sur la problématique et le questionnaire de l'étude. Les résultats de cette étude ont été présentés à ces deux commissions.

Résultats de l'étude :

Résultats quantitatifs : 117 questionnaires ont été retournés. Sur l'ensemble des réponses, 54% émanent de femmes et 46% d'hommes : la parité est obtenue chez les administrateurs (50% de femmes, 50% d'hommes) ; chez les directeurs et les usagers, deux tiers des réponses émanent d'hommes, un tiers de femmes ; chez les cadres, les travailleurs sociaux et les secrétaires, la proportion est inverse : deux tiers des réponses viennent de femmes, un tiers d'hommes. Les travailleurs sociaux et intervenants sociaux représentent 41% des réponses, les directeurs 28% (35% si on ajoute les cadres), les administrateurs 12% et les usagers seulement 7%. Il y a un équilibre de réponses sur les trois volets et on retrouve dans cet « échantillon » la représentativité du réseau FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité sur les établissements qui ont répondu.

Résultats qualitatifs :

Mixité nécessaire, parité difficilement réalisable : Les équipes mixtes sont jugées plus dynamiques et plus créatives pour la majorité des répondants. La mixité au sein des équipes permet également de modifier les représentations des usagers, de « modifier l'image traditionnelle que les usagers pourraient avoir des rôles femmes / hommes » (F, directrice). Pour mettre en œuvre cette mixité, certains disent rechercher un équilibre dans la composition de l'équipe, avoir défini une politique de recrutement, donner la priorité à un homme ou, à tout le moins, apporter une attention particulière aux candidatures masculines. Cependant, beaucoup de réponses insistent sur le critère de la compétence. Si la mixité semble effective, nécessaire et réalisable, la parité est ressentie comme moins indispensable et très difficilement réalisable. Parmi les obstacles à la parité, le plus important est le faible nombre d'hommes travailleurs sociaux, en exercice et dans les écoles de travail social. Ce constat se double d'un autre problème : selon certaines réponses, la qualification, l'expérience et les compétences des candidats hommes sont inférieures à celles des candidates femmes. Les exceptions deviennent très vite cadres.

Des métiers dits féminins, peu valorisants et mal payés : Le taux très élevé de féminisation du travail social (72%) s'explique notamment par des raisons historiques. Dès ses débuts, le travail social a reposé sur des qualités réputées féminines, nécessaires pour assurer les fonctions de soin, d'écoute, d'aide et de conseil. L'orientation scolaire et professionnelle des femmes vers le travail social repose toujours sur les fameuses « qualités féminines » qui seraient indispensables à l'exercice de ces métiers. On retrouve là l'opposition classique entre l'intérieur et l'extérieur. Aujourd'hui, « les professions sociales sont mal reconnues, peu valorisées socialement et faiblement attractives financièrement. Les orientations vers la filière sociale commencent dès le lycée et il est clair qu'on n'encourage pas les garçons à choisir cette voie ». On retrouve aussi dans cette rubrique des éléments sur les modes de sélection dans les écoles de travail social et sur l'image du travail social dans les médias et donc auprès de l'opinion publique. Le métier d'assistant social ne s'est ouvert aux hommes que dans les années 1960. A l'inverse, le métier d'éducateur spécialisé s'est construit sur une opposition entre les capacités des femmes et celles des hommes. Educateur était à l'origine une profession presque exclusivement masculine. Ils se trouvaient dans des centres dits de correction, de redressement ou de réadaptation sociale. La mise en place des formations d'éducateur a entraîné la féminisation de la profession. En 1979, 61,6% des éducateurs spécialisés étaient des éducatrices. En 2003, elles représentaient 71,3% des effectifs.

Rôles de sexe ou rôles de genre ?: Pour la psychologue Françoise Vouillot, il faut en effet créer une rupture des liens d'implications logiques (des évidences) entre le sexe et le genre. Le sexe relève de la nature, le genre est la traduction sociale du sexe : tâches, rôles, activités, fonctions, exercice du pouvoir...Il faut donc se garder d'associer les adjectifs ‘masculin' et ‘féminin' à des notions qui n'ont rien à voir avec la ‘nature' supposée de l'homme ou de la femme : ‘sensibilité féminine', ‘conception féminine du travail social. Le concept de genre permet ainsi d'étudier les processus de hiérarchisation et de discrimination entre les hommes et les femmes, en travaillant sur les représentations liées, par exemple, à la forte présence de femmes dans le travail social. Afin de tester le poids des représentations sur les capacités supposées des femmes et des hommes, des affirmations volontairement stéréotypées ont été introduites dans le questionnaire. Ces items n'ont recueilli qu'un faible nombre de réponses positives : un homme a davantage d'autorité qu'une femme (5 réponses), une femme a plus de mal qu'un homme à se faire respecter (5 réponses). Les commentaires des répondants vont plutôt à contresens des idées reçues : par exemple les femmes s'en sortent mieux avec des publics en grande difficulté, la mise en place des équipes mixtes est une juste représentation de la société et il est important que les usagers puissent choisir d'être accompagnés par une femme ou par un homme, y compris les victimes de violences. Il peut y avoir cependant un effet sur les hommes : « Travailler auprès d'un public exclusivement féminin, avec une écrasante majorité de collègues femmes, c'est difficile à assumer pour un homme : on le place dans une situation difficile à gérer psychiquement (image paternelle, rôle d'autorité...). Cela demande un travail de supervision ».Le questionnaire a aussi permis d'aborder une question rarement traitée, celle de la séduction, du désir dans la relation de l'usager (femme ou homme) au travailleur social (femme ou homme). « La séduction est importante dans les relations : toucher l'affectif, faire plaisir. Les travailleurs sociaux disent : ‘nous sommes neutres, nous sommes des professionnels'. C'est faux. Les relations sont bien évidemment sexuées ». 58% estiment que les femmes et les hommes n'apportent pas le même type de réponse aux personnes, et 54% que les femmes et les hommes ne travaillent pas de la même manière. 46% pensent que pour intervenir auprès de familles, il faut un tandem femme-homme, un couple éducatif.

« La parité stabilise la mixité » : 95% des interviewés sont d'accord avec la proposition : la présence de femmes et d'hommes dans une équipe est une richesse pour les interventions auprès des usagers (équipes mixtes). Ils ne sont plus 57% à souscrire à : l'idéal serait qu'il y ait autant de femmes que d'hommes dans les équipes (équipes paritaires) et 53% d'accord avec : l'existence d'équipes paritaires de travailleurs sociaux permettrait de mener une réflexion avec les personnes accueillies ou accompagnées sur les rôles réputés traditionnellement masculins ou féminins ; et 50% à retenir : l'existence d'équipes paritaires de travailleurs sociaux serait un bon exemple pour la représentation paritaire des usagers dans les CVS des établissements mixtes. Dans ce dernier volet du questionnaire, comme dans le premier, à propos du recrutement, on trouve l'idée selon laquelle il y aurait plus de différences entre femmes, ou entre hommes, que entre femmes et hommes. Ce serait donc une question de personnes, de compétences, plus qu'une question de genre. Le groupe d'appui « Egalité hommes/femmes » a pris bonne note de ces réticences à placer la parité comme objectif. Mais il rappelle que, si la parité existait au sein des équipes de travailleurs sociaux, ces équipes pourraient offrir un éventail encore plus important de compétences. Ainsi que l'exprime une présidente, « La parité est un équilibre qui s'auto régule : il y autant de femmes que d'hommes dans le monde. La parité stabilise la mixité ».

Les résultats de cette étude mettent bien en lumière les enjeux pour la fédération qui rejoignent plusieurs orientations du projet fédéral :
- Interroger la place du travail social dans la société
- Les contenus de formation
- La participation des usagers
- Le travail sur égalité/parité

 

Vous pouvez télécharger l'étude complète Parité-Travail social:

 

Ainsi que le supplément Gazette de décembre 2003 sur l'évolution de la parité au sein du ré&seau FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité

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