Baromètre 115 de novembre 2013 - Un hiver critique pour les sans-abri, une forte hausse des demandes des hommes seuls

Le froid arrive dans toutes les régions de France, et les demandes des personnes isolées, et en particulier des hommes seuls, sont en forte hausse en novembre. Celles-ci s’ajoutent aux demandes d’hébergement des autres personnes dont les familles, saturant d’autant le système de veille sociale. Malgré les places supplémentaires, seul un tiers des personnes pouvaient être hébergées en novembre dans les 37 départements du baromètre, et la moitié à Paris. Les résultats du baromètre dans les 115 des 37 départements saisissant régulièrement leurs données montrent une augmentation de 15 % des demandes d’hébergement par rapport à l’an passé, soit 10 000 demandes supplémentaires. Ces demandes sont en hausse de 8 % par rapport à septembre et de 3 % à Paris en journée.

 

De plus en plus d’hommes seuls

 

Les demandes des personnes isolées repartent à la hausse en ce début d’hiver. Comme les années précédentes, les personnes sollicitent plus fortement le 115 à cette période lorsque les capacités sont renforcées. Elles savent alors que le 115 aura plus de solutions d’hébergement à leur proposer. Faute de s’adapter aux besoins des publics toute l’année, la gestion au thermomètre de l’exclusion entraine une adaptation des publics et un recours saisonnier. Ainsi, en novembre les personnes seules représentaient 37% des appelants dans les 37 départements (contre 32 % en septembre). A Paris, la forte augmentation des demandes des hommes seuls depuis la rentrée (+ 44%), en fait le public principal du 115 en novembre (63% des demandes sont faites par des hommes, contre 29% sur les 37 départements où les demandes des familles restent majoritaires (55%).

 

Evolution des demandes des ressortissants communautaires

Depuis septembre 2013, les demandes d’hébergement faites au 115 par des personnes issues de l’Union européenne ont augmenté de 57 % dans les 37 départements mais baissé de 32 % à Paris, ce qui pourrait être le résultat d’un mouvement de population dans de plus petites villes en ce début d’hiver.

Une augmentation des capacités d’hébergement qui restent très inférieures à la demande

Les attributions de places d’hébergement ont augmenté de 16 % par rapport à l’hiver dernier à la même période dans les 37 départements étudiés par le baromètre de la FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité. Bien sûr, nous en prenons acte positivement. Ceci s’explique à la fois par la mobilisation plus forte des centres d’hébergement d’urgence qui proposent 22 % de places supplémentaires, ainsi que 16 % en hôtels. A ces places s’ajoutent les ouvertures temporaires hivernales avec + 20 % de nuitées en centre d’hébergement d’urgence et + 31 % en hôtels depuis septembre dernier.

Si les attributions de places augmentent légèrement en novembre, 70 % des demandes restent toujours insatisfaites dans les 37 départements, et 47 % à Paris.

 

Les annonces gouvernementales sur la fin des plans hiver et la continuité de l’accueil ne se traduisent pas par des changements significatifs sur les territoires

Derrière ces chiffres se cachent des personnes qui ne réussissent pas à joindre le 115, qui entendent des refus faute de places disponibles ou qui changent de type d’hébergement au bout de un ou plusieurs jours avec des ruptures de prise en charge dangereuses pour les personnes.

Les centres d’accueil de jour, les gymnases ou casernes se transforment en ce moment en dortoirs de fortune pour une durée d’accueil temporaire souvent sans accompagnement des personnes et parfois sans prestation alimentaire. La logique des plans hiver qui maintient les sans-abri dans un système de portes tournantes et d’hébergement de courte durée sans perspective d’accès au logement, où les personnes seront abandonnées dès la remontée des températures, est toujours en œuvre sur un grand nombre de territoires.

Ainsi, malgré un effort de mobilisation des pouvoirs publics se traduisant notamment par l’augmentation de places par rapport à l’hiver dernier, les solutions apportées sont encore largement insuffisantes et s’éloignent du logement.

La FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité, membre du Collectif des associations unies, rejoindra les 33 autres associations du CAUCAUCollectif des Associations Unies pour une présentation des vœux 2014, sous forme de conférence de presse, le 31 décembre au matin.

 

 

Contacts presse :

FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité : Céline Figuière – – 01 48 01 82 06

Samusocial de Paris : Valérie Coton – – 01 41 74 82 61

Mots-clés: Baromètre

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