Premières analyses

PROFIL SOCIO-ECONOMIQUE DES PERSONNES INTERROGEES

 

Profil

L'environnement social et la santé: deux volets étroitement liés

La diversité des situations face au type de logement ou d'hébergement permet d'avoir un regard sur la santé des personnes selon plusieurs degrés d'insertion sociale.

61,1 % des personnes en habitat précaire et 50% des personnes vivant à la rue déclarent être dans cette situation depuis plus d’un an.

Le type de logement ou d'hébergement influe sur de nombreux indicateurs concernant l'état de santé et l'accès aux soins.

Cependant, notre étude montre que s'intéresser à la santé à travers le prisme du logement et de l'hébergement n'est pas suffisant pour mettre en lumière des éléments sur la santé des personnes en situation de précarité.

D'autres facteurs tels que la situation économique des personnes et le sentiment de solitude impactent leurs santé.

Une précarité économique et un isolement social pour la majorité des personnes interrogées

situation ecoLes situations économiques, plus ou moins précaires dans lesquelles les personnes sont inscrites, se répercutent sur l'accès aux droits et à la prévention.

Par ailleurs, la part des personnes sans ressources est sur représentée chez les personnes n’ayant pas d’hébergement ou en hébergement d’urgence.

30 % des personnes en hébergement d’urgence n’ont aucune ressource, ce qui est également le cas de 25% des personnes sans hébergement et 23% des personnes en hébergement précaire.

lien social

Le lien avec la famille est plus ou moins distendu pour la majorité des personnes interrogées.

Le type de logement dans lequel les personnes vivent à une influence sur la proximité avec la famille.

Avoir un logement autonome est un facteur facilitant les liens avec la famille. 57% des personnes en logement autonome sont proches de leur famille et les voient régulièrement.

Le lien avec la famille est une ressource en cas de difficultés, les personnes ayant maintenu ce lien déclarent pouvoir compter sur en moyenne 4 personnes.

Le sentiment de solitude est  un déterminant important sur la santé mentale et physique des personnes.

 

 L' ETAT DE SANTE DES PERSONNES ACCUEILLIES

état de santéLe sommeil

 Les personnes n’étant pas stabilisées dans un logement sont particulièrement concernées par des troubles du sommeil.

89% de personnes à la rue, 68 % des personnes en hébergement d'urgence et 58% des personnes en CHRSCHRSCentre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale insertion déclarent avoir un mauvais sommeil contre 47% des personnes en logement autonome.

Ainsi, plus les personnes sont insérées dans un logement, plus elles ont un bon sommeil.

Le sentiment de solitude et le sommeil sont également liés puisque parmi les personnes n’ayant pas un bon sommeil, 36% déclarent ressentir souvent ou toujours un sentiment de solitude contre 13 % des personnes ayant un bon sommeil.

 Alimentation

Le nombre de repas pris par jour varie selon la situation de logement ou d’hébergement de la personne puisque les personnes sans hébergement ou en hébergement d’urgence ont accès à moins de deux repas par jour.

Les personnes qui ressentent en permanence un sentiement de solitude, sont celles qui prennent en moyenne un repas et demi par jour.

 

Consommation de produits addictifs

grenre tabaccLa consommation de produits addictifs varie significativement selon le genre. Parmi les consommateurs, les hommes sont largement majoritaires.

Le tabac est un produit très largement consommé puisque les trois quart des personnes déclarent fumer régulièrement.

alcool   

 

 

 

 drogue

 

 

 

 

 

 

Selon la situation de logement ou d’hébergement des personnes, la consommation d’alcool et de drogues est différente.

60% des personnes vivant à la rue et 35% des personnes en habitat précaire consomment de l’alcool quotidiennement.

Ces deux catégories de public sont également sur représentées en ce qui concerne la consommation de drogue car 70% des personnes à la rue consomment des drogues et 61% des personnes en habitat précaire.

On peut noter de façon générale une plus forte consommation de drogue que d’alcool.

Par ailleurs, le type de logement n’a pas d’impact sur la fréquence de la consommation.

 

La santé mentale

Trois principales variables influent sur la santé mentale : le type de logement, le sentiment de solitude et les difficultés perçues.

santé mentale

Selon la situation de logement ou d’hébergement d’une personne, le sentiment d’être calme et triste peut varier.

Ainsi, 40% des personnes à la rue déclarent ne jamais se sentir calme.

48% des personnes en habitat précaire se sentent rarement calme, et 46 % des hébergés dans des dispositifs de santé le sont de temps en temps.

25% des personnes en hébergement d’urgence et 20% des personnes se sentent en permanence tristes.

38,5% des personnes étant prises en charge par un dispositif se sentent une bonne partie du temps tristes.

Bien que la stabilité du logement ou de l'hébergement génère un lien fort avec les sentiments d’être calme et triste, il n’influe cependant pas sur le fait d’être heureux, nerveux et découragé.

Le sentiment de solitude est quant à lui fortement relié à ces cinq états émotionnels. Plus les personnes ressentent un sentiment de solitude fort, plus elles vont avoir une santé mentale fragilisée.

On retrouve cette même tendance lorsque l’on met en relation l’échelle des difficultés perçues et les sentiments d’être calme, triste, heureux et découragé.

La santé perçue

Les personnes interrogées estiment avoir un état de santé plutôt moyen.

 

santé perçue

 Les personnes en habitat précaire et en hébergement d’urgence déclarent avoir un état de santé supérieur à la moyenne de l’échantillon.

 Les personnes à la rue estiment un état de santé quasi égal à celui des personnes en logement.

Les entretiens collectifs menés en parallèle de cette enquête ont pu mettre en évidence que les personnes en situation de précarités, ne positionnent pas la santé comme une priorité, elle est alors sur évaluée. "On sent moins la douleur quand on est en difficulté on vit déjà avec une douleur qu’elle soit physique ou psychologique de toute façon c’est difficile."

L'analyse à travers la situation à l'égard de la stabilité du logement semble tout de même limitée puisque les personnes insérées dans un logement ne se sont pas celles qui se sentent en meilleure santé. D'autres pistes d'explications doivent être cherchées du côté de l'impact de l'isolement social sur la santé perçue.

 

ACCES AUX SOINS, AUX DROITS ET A LA SANTE

accès aux soins Un quart des personnes sans couvertures sociales sont sans ressources.

Les personnes n’ayant pas de mutuelle sont dans des situations sociales précaires puisque 40% des personnes sont en hébergement d’urgence, 45 % en habitat précaire.

De plus, un quart des personnes à la rue n’ont pas de mutuelle.

Cependant, l’instabilité de logement ne peut être la seule explication puisque 29% de personnes en logement autonome n’ont également pas de mutuelle.

Avoir une couverture ne protège pas du renoncement aux soins puisque un tiers de l’échantillon a déjà renoncé une ou plusieurs fois aux soins.

Le principal motif renvoie à des raisons financières (53%), et le second est le choix d’attendre que les choses aillent mieux d’elles-mêmes (24%).

 

recours aux soinsLes personnes sans ressources ont moins recours au médecin généraliste que les autres (61,5%).

 Les bénéficiaires de l’Allocation Temporaire d'Attente (ATA) et les personnes sans ressources ont fortement recours aux urgences en cas de problème de santé. 

Le recours important aux urgences pour ces personnes en situations très précaires a pu être expliqué lors des "cafés discussion" par le fait que les personnes en difficultés, ont de nombreuses préoccupations auxquelles ils doivent faire face et par conséquent attendent le dernier moment pour se faire soigner.

La situation sanitaire s'étant fortement dégradée du fait de cette attente, les personnes doivent alors se rendre aux urgences.

Le recours tardif aux soins a été également expliqué par un découragement des personnes et la difficulté de faire des démarches supplémentaires pour se soigner.

Par ailleurs, les personnes étrangères bénéficiaires de l'ATA n'ont pas toujours connaissance de tous les dispositifs de santé sur leur territoire et se dirigent alors naturellement vers les urgences.

 

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