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Adhérents - Quand l'homophobie met les jeunes à la rue ...

homophobie...l’association le refuge les écoute, les accueille et les accompagne vers un avenir dans lequel leur homosexualité ne sera plus vécue comme source d’exclusion. Ils ont chacun leur histoire familiale et leur parcours vers l’acceptation de leur sexualité, unique et personnel, mais ils se rejoignent à travers les souffrances causées par le rejet de leurs proches à l’annonce ou lors de la découverte de leur homosexualité.

Après les conflits et la rupture familiale, certains se retrouvent sans-abri et sans ressources, puisqu’ils ne pourront percevoir le RSARSARevenu de solidarité active qu’à 25 ans. L’équipe du Refuge sait répondre très rapidement à ces jeunes en détresse. Véronique, par téléphone ou par texto, 24h/24, Laura, travailleuse sociale ou bien Clio, coordinatrice régionale en Ile-de-France. « Quand ils arrivent ils sont détruits, c’est très difficile d’être rejeté par sa famille en raison d’une identité sexuelle qu’on ne choisit pas. On les laisse se poser un mois avant d’entamer des démarches et d’abord ils rencontrent un psychologue pour raconter leur histoire », dit-elle. Ces jeunes, homosexuels ou transsexuels, viennent de toutes les classes sociales et de toutes les régions de France. Mais après deux années de travail au Refuge de Paris, Clio a remarqué que souvent, ceux qui prennent contact avec l’association avaient grandi dans une famille religieuse. Même constat au siège à Montpellier, ou dans les antennes de Lyon, Marseille, Toulouse, Lille ou La Réunion.

LIVRES À EUX-MÊMES, DU JOUR AU LENDEMAIN
Arthur, l’un des 21 jeunes hébergés en ce moment via l’antenne parisienne de l’association, vit dans l’un des trois appartements relais avec cinq colocataires depuis quelques mois. Il se souvient bien de l’urgence dans laquelle il était quand il a appelé au Refuge. « J’avais vu un reportage sur ce dispositif il y a quelques années et j’ai trouvé toutes les informations que je cherchais sur Internet. Je suis venu rencontrer l’équipe un lundi et j’ai emménagé le jeudi ! ». A 20 ans, il envisage les prochaines années avec beaucoup plus de facilité qu’il y a seulement quelques semaines. Ses projets ? Trouver une chambre en colocation, travailler dans un « fast food » et suivre une formation dans la vente de luxe. Il dit apprécier l’anonymat de la grande ville, lui qui vient de Vesoul où tout le monde se connaît, mais il sait bien que rien ne sera simple une fois qu’il aura quitté le Refuge après le temps d’accueil imparti à chacun des résidents des appartements. « Ils peuvent rester six mois ici, ensuite ils laissent la place aux autres personnes qui nous sollicitent. Même si ce délai est très court, en général on a eu le temps de trouver une solution pour la suite, grâce, entre autre, à notre réseau de bénévoles. Et les jeunes peuvent continuer à voir Laura pour poursuivre leur accompagnement et venir aux permanences deux fois par semaine dans nos locaux », explique Clio. Très rares sont ceux qui retournent dans leur famille après avoir quitté le Refuge. Et si l’équipe leur propose toujours une médiation familiale à leur arrivée, peu d’entre eux font le choix de pardonner le rejet qu’ils ont subi.

DÉCELER LES COMPORTEMENTS À RISQUE
La petite équipe parisienne du Refuge assure les permanences, le premier contact avec les jeunes qui se renseignent sur l’association, l’accompagnement de ceux qui sont accueillis, la médiation des conflits… « Vivre à six dans un appartement avec des colocataires que l’on a n’a pas choisi, et, surtout, après un traumatisme, n’est vraiment pas simple », reconnaît Clio. Alors les règles sont strictes : pas d’alcool, pas de visites sans autorisation préalable, et pas de sortie après 22 heures en semaine. Pour certains, il faut réapprendre ou apprendre la vie en collectivité, le respect de l’hygiène et le dialogue. En plus des rendez-vous individuels dans les bureaux du Refuge, Laura passe les voir dans les appartements pour les aider à régler les problèmes quotidiens, et une psychologue réunit régulièrement les colocataires pour les conflits sérieux, ou simplement dénouer les tensions en discutant en présence d’une tierce personne. « Ils me racontent assez facilement leur histoire et les épisodes précédant la rupture mais les choses peuvent se compliquer lorsque l’on aborde les violences subies dans la famille ou les phases éventuelles de prostitution. Le manque d’espace fermé dans nos locaux ne facilite pas les confidences… » déplore Laura qui admet avoir eu un choc quelques mois après sa prise de poste en constatant le degré de misère à Paris.


Céline Figuière

+ Plus d’informations sur : www.le-refuge.org

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