L’avenir des associations : quel est le plan du Gouvernement ?

À l’occasion d’une visite du site des Grands Voisins à Paris, le Premier ministre, Edouard Philippe, accompagné par les ministres Nicolas Hulot et Jean-Michel Blanquer, a annoncé un plan à destination des associations ce midi. S’il comporte plusieurs mesures positives, ce plan ne compense pas la baisse brutale et importante des contrats aidés et risque donc d’être insuffisant pour un très grand nombre d’associations.

L’été 2017 a vu le gouvernement prendre une série d’orientations budgétaires remettant en cause la capacité des associations à réaliser leurs missions d’intérêt général. Faiblesse du volume des contrats aidés du second semestre 2017 au regard du total réalisé en 2016, baisse drastique du nombre de contrats prévus pour 2018, baisses des financements politique de la ville, des dotations aux collectivités ou encore suppression de la réserve parlementaire ont été autant de motifs de grande inquiétude pour les associations. Celles-ci s’étant fortement mobilisées pour faire entendre cette inquiétude – la Fédération des acteurs de la solidarité en tête – le gouvernement a choisi de lancer un plan de développement pour la vie associative.

Ce plan a été annoncé aujourd’hui par le Premier ministre, à l’occasion d’une visite des Grands Voisins, site qui rassemble dans un même espace de nombreux acteurs de l’économie sociale et solidaire, de la lutte contre l’exclusion (dont plusieurs adhérents de la Fédération), des artisans et des entreprises. Auparavant, il avait pu échanger, ainsi que Nicolas Hulot et Jean-Michel Blanquer, ministres de la transition écologique et solidaire et de l’Education nationale, avec des structures hébergées sur ce site et les principaux représentants du monde associatif, dont la Fédération des acteurs de la solidarité.

De nombreuses mesures annoncées par le gouvernement sont positives et témoignent de la reconnaissance de l’importance des associations dans la vie sociale, culturelle et économique de notre pays. En complément du crédit d’impôt de la taxe sur les salaires, voté en 2017 et maintenu en 2018, les associations bénéficieront d’une baisse de cotisations patronales importantes dans le cadre de la transformation prévue du crédit d’impôt compétitivité emploi. Le volume de services civiques sera également porté à 150 000, au lieu de 100 000, pour favoriser l’engagement citoyen des jeunes. Un accélérateur d’innovation sociale sera lancé pour favoriser l’essaimage de 10 expériences locales par an, reconnaissant la capacité d’initiative des associations. Au-delà de ces principales mesures, une stratégie au service de la vie associative sera annoncée en avril 2018, après une concertation avec les associations.

Comme a pu l’indiquer Louis Gallois, président de la Fédération, lors de la table ronde en présence du Premier ministre, ces mesures, si positives soient-elles, ne compensent pas la baisse drastique du volume de contrats aidés en 2018 et la baisse de leur taux de prise en charge des salaires par l’Etat, votées hier soir à l’Assemblée nationale. La baisse du coût du travail ne se produira par exemple réellement qu’en 2019 alors que la perte de financement public via les contrats aidés se produira dès 2018, et se produit même dès maintenant. Cette baisse sera en outre moins avantageuse pour les associations que ne l’était le financement des contrats aidés. De nombreuses associations de petite taille, qui représentent la majorité du tissu associatif, risquent en effet de disparaître, et les emplois et missions d’utilité sociale qu’elles assuraient, avec elles.

La Fédération s'investira sur le plan de développement pour la vie associative en faisant des propositions au Gouvernement et elle continuera sa mobilisation pour les contrats aidés et l'IAEIAEInsertion par l'Activité Économique lors du vote du Projet de loi de Finances 2018 au Sénat.

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